Discours d'ouverture

Samedi 13 mai 2006
 
                        Chers Camarades,
 
                        Il m’échoit le grand honneur d’ouvrir les travaux de notre Congrès constitutif et, croyez-moi, je ne le fais pas sans une certaine émotion.
 
                        Je le fais, évidemment, au nom du Collectif de préparation du Congrès qui a été mis en place le 26 mars, à l’issue de la Convention que nous avons tenue ici même ; de la Convention qui a eu le retentissement que vous savez et qui a constitué une étape décisive dans le processus qui va, de toute évidence, trouver son aboutissement aujourd’hui.
 
                        Car si vous êtes là, c’est bien parce que vous êtes déterminés à créer le parti de rassemblement que vous appelez de vos vœux ! Que les uns souhaitent appeler Rassemblement des Forces Démocratiques pour la Martinique (RFDM), les autres Rassemblement démocratique pour la Martinique (RDM), le Congrès tranchera.
 
                        Mais si vous êtes là si nombreux, un samedi après-midi où il y a, nous le savons, des manifestations sportives, des premières communions et des mariages, c’est que la création de ce parti répond à une réelle attente, répond à l’attente d’un très grand nombre de Martiniquaises et de Martiniquais !
 
                        Seuls ceux qui ont choisi de nier l’évidence parce que l’évidence les dérange peuvent encore refuser de le reconnaître ! Mais cela nous importe peu ! nous nous étions donnés rendez-vous pour le 13 mai, nous sommes là ! C’est cela que la Martinique retiendra.
 
                        Je dois, avant tout, en mon nom et en votre nom à tous, remercier Monsieur le Maire de Ducos et son conseil municipal d’avoir bien voulu mettre à notre disposition ce bel équipement municipal.
 
                        Il l’avait déjà fait pour notre convention, en faisant fi des critiques injustifiées ; des critiques, il faut le dire, malveillantes émises par des détracteurs incapables de se dégager un seul instant de leurs préoccupations purement politiciennes.
 
                        Merci, en tout cas, Monsieur le Maire, de permettre qu’un nombre aussi important de citoyens martiniquais puissent disposer d’un espace public afin d’exercer un droit fondamental dans une démocratie : celui de se rassembler pour créer une organisation politique. Une organisation dont la finalité est évidemment de concourir à la vie démocratique du pays.
 
                        L’article 4 de la Constitution, faut-il le rappeler, consacre l’existence des partis politiques en précisant qu’ils « concourent à l’expression du suffrage ».
 
                        Je rassure, par ailleurs, ceux qui se feraient du souci pour les finances communales : elles ne sont absolument pas mises à contribution, les frais d’organisation de ce congrès sont entièrement pris en charge par nous-mêmes. Des frais d’organisation qui sont évidemment allégés par tout ce qui a été réalisé de façon bénévole par nos adhérents, je devrais déjà dire par nos militants vu la façon dont ils se sont mobilisés !
 
                        Je veux maintenant saluer tous les représentants d’organisations et partis politiques qui, par leur présence, qui évidemment nous honore, ont bien voulu marquer leur intérêt pour la démarche qui est la nôtre.
 
                        Nous sommes évidemment particulièrement heureux d’avoir parmi nous des amis de la Guadeloupe :
 
- Madame Thérèse PEPIN-MARIANNE, Conseillère régionale et Monsieur Guy LOSBAR, Conseiller général, représentant le parti Guadeloupe Unie Socialisme et Réalités,
 
                        Je leur souhaite la plus cordiale bienvenue et les assure que nous apprécions comme il se doit l’attention qu’à voulu marquer à notre égard la formation politique qu’ils représentent et la sympathie qu’ils nous témoignent en étant présents en un moment aussi important pour nous.
 
Leur présence signifie également, c’est évident, une volonté de resserrer les liens entre les deux îles sœurs et de voir leurs élus apprendre à se rassembler pour défendre des intérêts souvent communs.
 
 
 
                        Nous avons, par ailleurs, le plaisir de compter parmi nous :
 
                        - une délégation de la Fédération Socialiste de la Martinique conduite par les secrétaires fédéraux Catherine NEIRIS et Joseph VIRASSAMY qui seront rejoint demain par le premier secrétaire de la Fédération, Marlène LANOIX,
 
            - une délégation du Parti Communiste Martiniquais conduite par son Secrétaire Général, George ERICHOT,
 
            - une délégation du Mouvement Populaire Pilotin conduite par son Président, Auguste ARMET. Je tiens à signaler que le MPP nous a adressé il y a quelques jours un message que mon ami Auguste ARMET vous lira tout à l’heure et par lequel le mouvement qu’il dirige nous propose d’ores et déjà une alliance privilégiée.
 
 
                        Nous aurons, par ailleurs, demain, le plaisir de compter parmi nous le Premier secrétaire de la Fédération Socialiste Guadeloupéenne, Jules OTTO, ainsi que le Président du Parti Socialiste Guadeloupéen, José TORIBIO.
 
                        Je tiens enfin à remercier tous ceux qui ont participé à la préparation de ce Congrès. Les membres du Collectif mais aussi tous ceux qui ont travaillé sous la direction du Bureau mis en place par ce Collectif : les Présidents des neuf commissions qui ont planché sur toute une série de questions importantes, les membres de ces commissions ainsi que tous ceux qui ont participé, à quelque niveau que ce soit, à l’organisation et, notamment, à toutes les tâches matérielles, toujours ingrates, qui vont permettre, j’en suis convaincu, à nos travaux de se dérouler dans les meilleures conditions possibles. Je voudrais que vous les applaudissiez.
 
                        Chers Camarades, Chers Invités,
 
                        L’organisation politique qui va prendre naissance au cours de ce Congrès trouve son origine dans un premier regroupement : celui qui s’est opéré entre, d’une part, l’ensemble des militants et des élus progressistes qui ont refusé de participer au 17ème Congrès du PPM estimant que, tel que celui-ci était préparé, il ne pouvait correspondre au vrai Congrès de refondation qu'ils réclamaient ; d’autre part, beaucoup de militants et d’élus divers gauche, mais aussi un certain nombre d’ex-militants PPM ayant quitté ce parti notamment depuis une dizaine d’années et qui se reconnaissent dans les positions des dissidents d’aujourd’hui.
 
                        Pendant les quelques mois qui ont suivi la tenue du 17ème Congrès du PPM et précédé notre Convention du 26 mars, je dois à la vérité de le dire, certains d’entre nous ont pensé que l’intérêt suscité dans l’opinion pour ce qui se passait allait amener les actuels dirigeants progressistes à s’interroger ; à se remettre en question ; à créer les conditions d’un authentique dialogue avec, pourquoi pas, peut-être au bout, la perspective pour le PPM de prendre place, sous une forme ou une autre, dans la dynamique de rassemblement qui manifestement se dessinait et s’affirmait même de plus en plus.
 
                        Il n’en a, vous le savez, rien été.
 
                        Ces dirigeants n’ont jamais voulu bouger de leurs positions, ils n’ont jamais accepté de débattre des problèmes de fond soulevés par les « refondateurs ».
 
                        Ils se sont appliqués, en revanche, à tenter de donner à l’opinion, par médias interposés, une présentation des faits tout à leur avantage.
 
                        Je dis bien tenter car ils n’ont pas toujours pu éviter les attitudes et arguments parfaitement contradictoires, parfois dans le cours d’une même intervention radiophonique ou télévisée.
 
                        Comment, par exemple, affirmer dans le même temps que rien d’important ne justifie la rupture qui s’est produite mais que désormais il n’est même plus possible d’envisager une alliance avec ceux qui sont partis ? Même pas pour faire de la gestion municipale au sein d’une majorité composée, rappelez-vous, de progressistes et démocrates, car tel était bien l’intitulé de la liste conduite par l’actuel maire de Fort de France en 2001.
 
                        Et comment expliquer qu’après avoir sollicité de façon pressante – et jusqu’à il n’y a pas très longtemps – les élus Divers Gauche pour un rassemblement autour du PPM, on puisse ensuite les présenter comme des gens peu fiables, et par conséquent… peu fréquentables ?
 
                        Mais surtout comment concilier discours proclamant une volonté d’apaisement, voire même de retour à la sérénité, et discours -mais aussi écrits- visant à dénoncer, à stigmatiser et à laisser parfois percer la menace de représailles dans le cadre des futures campagnes électorales ?
 
                        Tout cela, on l’aura compris, n’a pas laissé le choix aux « refondateurs », même parmi les plus désireux d’éviter la rupture avec leur parti. Un parti qui, pour la plupart d’entre eux, représente des années et des années de vie militante intense, de sacrifices de tous ordres, de combats menés dans des conditions autrement plus difficiles que celles que connaissent aujourd’hui les césairistes et les progressistes de la 11ème heure ; mais aussi des années et des années pendant lesquelles se sont tissés des liens de camaraderie et d’amitié dans les épreuves comme dans les grands moments d’enthousiasme et d’espérance partagés. Sans parler des liens, très particuliers, très privilégiés, tissés avec Aimé Césaire et Pierre Aliker.
 
                        Un parti qu’ils ne reconnaissent malheureusement plus et dans lequel ils ne se reconnaissent plus.
 
                        Les « Refondateurs » ont donc tourné la page ou plutôt la page s’est tournée d’elle-même.
 
                        Mais une autre s’est ouverte, celle de la constitution de notre rassemblement d’aujourd’hui qui, à partir du premier pôle que j’évoquais au début, s’est progressivement élargi.
 
                        Aux membres des trois premières composantes (« refondateurs », anciens militants PPM et Divers gauche) sont venus s’ajouter, en effet, un nombre de plus en plus important d’hommes et de femmes sans passé militant, ou en congé d’engagement politique depuis un temps plus ou moins long ou encore n’ayant jusqu’ici milité que dans le monde syndical ou associatif.
 
                        C’est, soit dit en passant, l’addition de tout ce monde que certains commentateurs de la vie politique locale interprètent comme un phénomène de division !
 
                        Manifestement, mes Chers Amis, nous ne regardons pas, eux et nous, la réalité par le même bout de la lorgnette ! A moins qu’ils ne soient victimes d’un problème de champ visuel : un champ visuel réduit détermine forcément une vision et une analyse réductrice des faits !
 
                        La réalité, en tout cas, est là, incontournable, c’est un grand rassemblement dans lequel toutes et tous adhèrent aux principes fondamentaux adoptés à l’issue de la convention du 26 mars et qui ont vocation à être réaffirmés dans la déclaration de principe de nos statuts.
 
                        Permettez-moi de les rappeler brièvement. Il s’agit :
 
Premièrement, de l’adhésion  aux grandes valeurs du socialisme démocratique mises au service d’un projet de société émancipateur pour l’être humain en général, l’homme martiniquais et la femme martiniquaise en particulier.
 
Un projet de société redonnant sens et force au lien social.
 
Un projet de société refusant la totale subordination, considérée comme une fatalité, à la logique de la production marchande et à celle de l’accumulation effrénée du capital, d’une accumulation ne trouvant d’autre finalité qu’en elle-même.
 
Deuxièmement, de la reconnaissance de l’existence d’un peuple martiniquais, riche d’une identité plurielle, conscient de son unité et qui a la volonté de maintenir et de promouvoir celle-ci ; avec comme corollaire le droit imprescriptible de ce peuple à l’autodétermination.
 
Troisièmement, de la nécessité d’une évolution institutionnelle permettant de concilier :
 
* d’une part, la volonté des Martiniquais, telle qu’elle s’exprime constamment, de demeurer dans la République française et, de ce fait, dans la Communauté européenne et de ne pas voir remettre en cause un certain nombre d’acquis, notamment démocratiques et sociaux, auxquels ils tiennent très légitimement.
 
* d’autre part, leur aspiration réelle, même si elle n’est pas toujours clairement exprimée, de disposer des pouvoirs locaux nécessaires à la préservation de l’identité et de la cohésion du peuple martiniquais ainsi qu’à l’impulsion de politiques de développement efficaces parce qu’adaptées aux réalités locales.
 
Cette double aspiration ne peut se concrétiser, à l’évidence, que dans ce que l’on appelle un statut d’autonomie. Un statut qu’il ne s’agit surtout pas de considérer comme une fin en soi, mais bien comme un moyen mis au service d’un projet portant la marque de nos valeurs. Cela est très nettement exprimé dans la déclaration finale de notre Convention du 26 mars.
 
 
L’évolution vers un tel statut implique, cela va de soi, un travail pédagogique permanent au sein de la population.
 
Elle peut, bien entendu, comporter des étapes qu’il faut accepter de soutenir, comme par exemple, celle proposée par le congrès des Elus en 2003 consistant en l’instauration d’une collectivité unique remplaçant le Département et la Région.
 
Ce qui importe c’est de cheminer toujours dans le même sens sur la voie de la responsabilité. Et cela implique une très grande vigilance face aux réformes conçues pour l’Hexagone et dont l’application pure et simple chez nous peut venir compliquer davantage notre système institutionnel, avec le risque, comme on l’a vu avec l’acte II de la décentralisation de Monsieur Raffarin, de voir se morceler encore les pouvoirs locaux déjà obtenus.
 
Cela est également nettement exprimé dans la Déclaration finale du 26 mars ; et, à cet égard, il nous faudra peser de tout notre poids pour que celles et ceux qui sont susceptibles de porter les couleurs de la Gauche aux prochaines élections présidentielles ne prennent pas des positions contraires à ce qui nous apparaît fondamentalement important, sur le plan institutionnel, pour la Martinique.
 
La déclaration du 26 mars comporte encore deux positions considérées comme fondamentales, il s’agit :
 
Quatrièmement, de la nécessité de l’élaboration d’un projet de développement moderne et durable tenant compte des réalités du monde d’aujourd’hui mais aussi des atouts de la Martinique. Atouts parmi lesquels on peut citer le niveau de formation des femmes et des hommes et aussi un positionnement géostratégique pouvant nous permettre de jouer, à l’interface de l’Europe et des pays de la Caraïbe et de l’espace américain, un rôle de facilitateur d’échanges et de transferts de technologie et de savoir-faire.
 
 
Un tel projet doit évidemment tenir compte, selon moi, des travaux réalisés par ailleurs. Par les collectivités territoriales -tel l’agenda 21 du Conseil Général ou le Schéma Régional de Développement du Conseil Régional- ou par d’autres organisations politiques, le but étant au final de contribuer à promouvoir, dans le meilleur esprit d’ouverture l’émergence d’un grand projet martiniquais ouvrant enfin de réelles perspectives d’avenir. Notre Commission des affaires économiques a déjà effectué, à cet égard, un travail intéressant qui va servir de base à une réflexion approfondie qui devra se poursuivre bien au-delà de ce Congrès. Qui devra mobiliser toutes les forces vives que nous avons la chance de rassembler au sein de notre organisation
 
Cinquièmement, de concevoir l’organisation et le fonctionnement du Parti sur des bases particulièrement démocratiques. Et c’est ce à quoi certains d’entre nous et, bien sûr, les membres de la Commission chargée des statuts se sont attachés.
 
 
Nous avons, en effet, bien compris le niveau d’exigence, sur cette question de la démocratie, de ceux qui ont décidé de s’engager dans notre organisation. Tous partagent la conviction qu’un parti qui prône la démocratie doit donner l’exemple en la matière ; doit être, en réalité, un véritable instrument de pédagogie de la démocratie.
 
Eh bien, le projet qui vous sera présenté comporte à ce sujet, vous allez le constater, des éléments tout à fait intéressants et originaux.
 
Vous serez appelés à statuer, par exemple, sur la mise en place d’un « Conseil démocratique » conçu pour permettre aux militants de base non élus par le Congrès d’avoir la possibilité de participer à certaines instances de fonctionnement du Parti ; ce qui est une manière pour eux tout à la fois d’avoir un droit de regard sur ce qui se passe dans ces instances et en même temps de se former aux responsabilités.
 
Il s’agit là d’une application très concrète de l’idée de démocratie participative.
 
Seront soumises, par ailleurs, à votre approbation des dispositions destinées à assurer la plus large liberté d’expression au sein du Parti, notamment dans le cadre d’un droit de tendance conçu pour garantir une constante confrontation des idées, dans le respect bien sûr des principes fondamentaux. Pour limiter également les risques de centralisation excessive et de concentration du pouvoir. Il ne s’agit pas de reproduire ce que beaucoup d’entre-nous ne connaissent que trop bien et dont ils ont expérimenté les dangers.
 
Un travail très important a été effectué, je peux en témoigner, pour élaborer ce projet. Nous avons même eu recours à la consultation d’experts. Pour autant, cela ne doit pas nous dispenser d’un débat approfondi sur les différentes dispositions qu’il comporte. Car, ne l’oublions pas, l’efficacité de ce que sera notre travail politique va dépendre pour une très large part de la qualité des règles de fonctionnement dont nous allons nous doter. Et nous savons qu’il n’est pas possible de se référer à des règles idéales, que l’on ne peut compter, dans ce domaine, que sur la confrontation des réflexions et des expériences.
 
Il est donc souhaitable que la commission chargée de travailler sur le projet de statut du parti connaisse, dès cet après-midi, une intense activité.
 
                        Chers Camarades,
 
                        Ce qui nous réunit, en dehors de l’adhésion aux différents principes fondamentaux que j’ai évoqués, c’est bien sûr notre conviction du caractère indispensable d’un large rassemblement de la Gauche, et, au moins dans un premier temps, de tous ceux qui à Gauche partagent des valeurs et une vision de l’avenir de la Martinique relativement proches.
 
                        En effet, dans une conjoncture marquée par tant de difficultés, par tant de menaces pesant sur notre développement économique et social, sur notre environnement, sur la cohésion même de notre société et où l’on voit une fraction de plus en plus importante de notre jeunesse vraiment désespérer de l’avenir, nous pensons qu’il importe résolument de privilégier l’intérêt général par rapport à toutes les formes d’intérêts particuliers. Nous pensons qu’il importe de privilégier une vision globale de la Martinique par rapport à un assemblage de visions partielles.
 
 
                        Nous pensons qu’aucun responsable politique -notamment à Gauche- ne peut se dispenser de procéder, à ce sujet, à un véritable examen de conscience. Nous pensons qu’il est grand temps d’en finir avec des compétitions d’ego et de dérisoires querelles de leadership.
 
                        Le risque est grand sinon de voir le peuple continuer de désespérer de plus en plus de la politique et des politiques et, du même coup, le risque est grand de voir s’ouvrir un véritable boulevard devant les populistes de tout bord  qui savent avec les mots et les slogans mystificateurs détourner de la démocratie. Qui savent avec les mots et les slogans mystificateurs faire rêver de lendemains qui chantent, dont ils prétendent avoir le secret mais qui ne chantent jamais en définitive que pour leur appétit de pouvoir.
 
                        Au bout, pour les peuples un temps abusé, ce sont, nous le savons bien, toujours des lendemains qui déchantent.
 
                        Nous pensons donc qu’il est grand temps, oui qu’il est grand temps de réagir !
 
                        C’est ce qui nous a amenés à réaliser un rassemblement dont on ne peut, sans mauvaise foi, sous estimer l’importance. Un rassemblement qui se veut, cela est essentiel, le ferment d’un rassemblement à construire beaucoup plus large, dans des conditions à discuter avec tous ceux qui partagent notre volonté d’unité sur des bases claires.
 
                        Et je souhaite, pour ma part, très sincèrement, en dépassant volontiers les problèmes d’aujourd’hui, que le PPM soit en mesure un jour d’y trouver sa place.
 
                        En tout cas, le projet de statut de notre organisation que nous allons discuter prévoit toutes les formes d’alliance ou de partenariat structurel possibles.
 
                        Ce que je souhaite, c’est que notre Congrès exprime bien une réelle volonté d’ouverture dans ce domaine et que, dès le départ, nous marquions notre volonté d’accompagner tout appel au rassemblement d’un très grand souci de respect de ceux avec lesquels nous allons nouer des relations.
 
                        Là aussi, il importe de se détourner de certaines pratiques dont on a pu mesurer, dans le passé, les effets désastreux.
 
 
                        Mes Chers Camarades,
 
                        Le pas, le grand pas que nous avons déjà fait pour nous constituer en pôle de rassemblement, fait peser sur nos épaules de lourdes responsabilités.
 
                        Il faut donc que nous nous dotions des meilleures fondations possibles. Nous en avons pris manifestement le chemin !
 
                        Mais il faut aussi que, dès le départ, nous ayons à cœur de promouvoir un état d’esprit qui fasse de chacun d’entre nous un combattant passionné et efficace de la cause martiniquaise. Un combattant tout à la fois ambitieux et modeste.
 
                        Ambitieux dans la vision qu’il se fait de la Martinique à construire. Mais en même temps modeste parce que profondément convaincu que c’est toujours l’action collective qui est déterminante ; et aussi parce que conscient de l’immensité du travail à accomplir. Un travail que nous devons tous accomplir, jour après jour, avec la volonté, pour reprendre la célèbre formule de Jean Jaurès, de «fatiguer le doute du peuple par la persévérance de notre dévouement ».
 
                        Eh bien, j’ai la conviction que c’est là la résolution que nous nous apprêtons à prendre tous ensemble dès aujourd’hui. Et c’est pourquoi, je peux vous le dire, je crois profondément au succès de ce que nous avons décidé d’entreprendre ensemble au service de notre Martinique.
 
 
                        Pour l’heure, je suis persuadé que nous allons participer à des travaux de très grandes qualités, des travaux qui devront faire la fierté de ceux qui pourront s’enorgueillir demain du titre de membres fondateurs !
 
                        C’est, en tout cas, en souhaitant qu’il en soit ainsi que, sans plus tarder, je déclare ouvert le Congrès constitutif du Rassemblement des Forces Démocratiques pour la Martinique.
 


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