Discours de cloture

Chers Camarades,

 

Avant toute chose, je tiens à vous remercier très chaleureusement de la confiance que vous venez de me témoigner en m’élisant Secrétaire général du Rassemblement Démocratique pour la Martinique.

 

Le sentiment que j’éprouve en ce moment est double.

 

Un sentiment de fierté, car j’ai bien conscience de la place que ce parti est appelé à occuper dans le paysage politique martiniquais. Je mesure l’espoir qu’il fait naître et, par conséquent, le rôle qu’il va devoir jouer au service du peuple martiniquais.

 

Mais je mesure aussi, bien entendu, l’importance des responsabilités que vous venez ainsi de me confier.

 

Je suis évidemment décidé à les assumer avec détermination. En comptant, bien entendu, sur le soutien de l’équipe qui m’entoure au bureau exécutif.

 

Une équipe à laquelle vous avez eu raison de faire confiance, parce qu’elle est composée de femmes et d’hommes qui offrent à partager les fruits de parcours différents, sur le plan humain, professionnel ou militant. Ce qui, dans une équipe, ne peut être que bénéfique pour la réflexion.

 

Des femmes et des hommes qui se distinguent par leur sens des responsabilités et leur dynamisme, ce qui, pour une équipe, est un gage d’efficacité dans l’action : Madeleine de GRANDMAISON, Marlène CHANTEUR, Marina SIGER, Paulette LAROTTE, Pierre SUEDILE et Claude PETIT doivent savoir, en tout cas, que je compte sur leur engagement résolu à mes côtés.

 

Ils savent que je n’ai absolument pas le goût du pouvoir solitaire, puisque je ne cesse d’en dénoncer les dangers.

 

D’une manière générale, j’ai la conviction que les responsables qui ont été élus au sein du Comité de coordination et du Conseil politique ont été bien choisis, avec le souci, bien sûr, de mettre en avant des critères comme la compétence, l’expérience et la disponibilité, mais également celui de disposer de représentants de toutes les parties de notre territoire et de montrer, de surcroît, une réelle volonté de préparer les indispensables relèves pour demain.

 

Je veux maintenant vous dire la grande satisfaction que j’éprouve au terme des deux journées que nous venons de vivre ensemble ici : le congrès constitutif du Rassemblement Démocratique pour la Martinique aura été un grand congrès.

 

Un grand congrès au cours duquel nous avons eu le plaisir de compter parmi nous la présence de différentes délégations de formations politiques de Martinique, bien sûr, mais également de Guadeloupe. Et aujourd’hui, je veux le souligner, sont venus nous rejoindre le 1er fédéral de la Fédération Socialiste de la Guadeloupe, Jules OTTO, ainsi que le 1er Secrétaire de la Fédération Socialiste de la Martinique, Marlène LANOIX qui conduit aujourd’hui la délégation de la Fédération.

 

Je les salue et les remercie, toutes et tous, très chaleureusement.

 

Ce congrès constitutif a constitué un grand congrès par le nombre de ses participants.

 

Ceux qui considéraient que la Convention du 26 mars ne tiendrait pas ses promesses et qu’en quelque sorte, elle ne constituerait qu’un feu de paille, en sont pour leurs frais.

 

Nous étions, hier, plus de 800 (et non 500 comme je l’ai entendu sur certains medias) et ce, malgré la concurrence des  manifestations sportives, des premières communions et des mariages. Et, aujourd’hui, nombre de camarades empêchés samedi après-midi nous ont rejoints.

 

Ceux qui doutaient de la réalité de notre cohésion et qui pariaient notamment sur le lâchage de certains élus divers gauche doivent ruminer leur déception : nous avons offert l’image de l’unité dans la diversité.

 

N’est-ce pas cela l’objectif d’un rassemblement ?

 

Notre cohésion est totale et tous les élus qui s’étaient très clairement engagés à être des nôtres ont tenu parole. N’en déplaise leurs détracteurs !

 

Ils ne sont pas seulement présents. Ils ont pris une part active à nos travaux et beaucoup d’entre eux ont été élus à des postes de responsabilité au sein de nos instances. Et je m’en félicite ! Ceux qui ne l’ont pas été ont, en fait, choisi d’assumer d’autres types de responsabilités.

 

Notre congrès a été également un grand congrès du fait de la qualité de ses participants et du fait que, grâce à eux, la plupart des communes ont été représentées, mais également un très large éventail d’activités   socio-économiques. Quelle richesse pour notre parti ! Quel potentiel pour le travail politique qui va devoir continuer au-delà de ce congrès !

 

Et, précisément, s’agissant du travail politique, notre congrès a également été un grand congrès du fait de la qualité des débats,  du fait de la qualité des travaux réalisés, notamment au sein de nos commissions, sur une durée, il faut tout de même le souligner, de plus de 15 heures.

 

Tous ceux qui ont participé à l’une ou l’autre de nos 7 commissions le reconnaissent : les débats qui se sont déroulés en leur sein ont été profondément intéressants et fructueux, malgré la difficulté, pour plusieurs de ces commissions, de faire travailler un  nombre important de participants.

 

Leurs travaux ont donné lieu à des synthèses dont vous avez pu apprécier la teneur ce matin et ont été à la base des différentes résolutions que nous avons adoptées (…)

 

Toutes nos commissions avaient, en fait, il faut le rappeler, commencé à plancher sur leurs différents thèmes depuis déjà plusieurs semaines, ce qui a permis aux participants des réunions d’hier de s’appuyer sur des bases très consistantes.

 

Cela a été notamment le cas, bien sûr, en ce qui concerne la commission chargée de l’élaboration de nos statuts.

 

Le résultat auquel elle est parvenue me paraît tout à fait remarquable et je suis heureux que vous ayez partagé ce point de vue en adoptant un projet qui, désormais, va régir notre fonctionnement. Vous savez comment il est important de disposer de bonnes règles de fonctionnement.

 

 Il n’y a pas de solutions idéales en la matière, mais celles dont nous nous sommes dotés répondent bien à l’exigence démocratique que vous avez tous, dès le départ, tenu à manifester.

 

 

Elles prévoient notamment la mise en place d’une instance tout à fait originale : le Conseil démocratique qui répond à notre volonté de donner une traduction concrète à une idée qui n’est souvent qu’agitée :  l’idée de démocratie participative.

 

Ce Conseil démocratique va permettre aux militants de base, non élus par le congrès, d’avoir la possibilité de participer aux travaux du Comité de coordination.

 

Ce sera là, pour  eux, un moyen d’exercer un droit de regard sur le fonctionnement de cette instance, mais, en même temps, un moyen de se former à l’exercice des responsabilités.

 

Vous avez approuvé également les dispositions concernant la reconnaissance d’un droit de tendance. Un droit de tendance conçu comme un moyen de promouvoir le débat démocratique interne dans le respect des principes fondamentaux du parti mais qui, tel que nous l’avons prévu,  n’est lié à aucun droit de représentation au sein des instances du parti. Car ce qui importe, c’est bien de favoriser la confrontation des idées et non les jeux d’appareil.

 

Vous avez, par ailleurs, approuvé les dispositions tendant à tenir compte du principe de parité dans l’élection, par le congrès, des différentes instances du R.D.M.. C’est là un élément relativement original et, à tout le moins, un facteur d’équité et de modernité qui nous apparaît absolument fondamental.

 

 Cher(e)s Camarades,

 

Je crois vraiment que, grâce aux statuts que nous avons adoptés, nous disposons maintenant de fondations démocratiques solides, saines et modernes. Des fondations sur lesquelles il va nous falloir continuer à parachever l’édification de notre parti.

 

Il nous reste, en effet, à mettre en place, partout où nous le pouvons, les structures de base que sont nos sections.

 

Il nous reste à mettre en place le Conseil démocratique.

 

Il nous reste, par ailleurs, à nous occuper d’importants problèmes d’organisation et de logistique. 

 

Mais, comme je vous le disais dans mon discours d’ouverture, il ne suffit pas d’avoir les meilleures fondations et la meilleure organisation possibles, il faut aussi que ceux et celles qui vont les faire vivre soient animés d’un certain état d’esprit, d’un état d’esprit qui fassent d’eux des combattants résolus de la cause martiniquaise.

 

Eh bien, ce qui me paraît le plus remarquable au terme de ce congrès, c’est que, cet état d’esprit, je l’ai senti bien présent dans cette salle.

 

Et c’est pour moi extrêmement motivant.

 

Car il va nous falloir maintenant, tout en parachevant l’édifice, déjà partir au combat - pardonnez-moi ce terme martial, mais il qualifie bien le niveau d’engagement qui sera demandé à chacun de nous !

 

Il va nous falloir partir au combat pour promouvoir nos idées et, avant tout, celle qui nous tient particulièrement à cœur : celle de la nécessité de poursuivre la dynamique de rassemblement.

 

Nous avons rassemblé très largement en notre sein. Cela constitue en soi un événement. Mais nous entendons aller plus loin. Nous entendons rassembler autour de nous.

 

C’est pourquoi nous avons tenu à lancer un appel aux partis et organisations politiques qui partagent avec nous un certain nombre de valeurs fondamentales ainsi qu’une certaine idée de la Martinique et, tout particulièrement, de son avenir.

 

Il me semble que d’évidentes convergences existent entre beaucoup de formations de la Gauche autonomiste.

 

Nous sommes prêts, nous l’avons dit, à discuter avec elles, sans aucune exclusive, y compris donc avec le PPM, lorsqu’il aura opéré - je ne désespère pas de cette éventualité - le minimum d’évolution indispensable. La seule condition évidemment, c’est que cela se fasse sur des bases claires.

 

La nécessité d’être parfaitement clair, dans la pensée comme dans l’action, fait, en effet, partie de nos exigences fondamentales.

 

Nous souhaitons vraiment être un parti du parler clair. Un parti du parler vrai. Un parti soucieux d’utiliser les mots qui contribuent à dévoiler la réalité et non ceux, qu’affectionnent les populistes, qui obscurcissent ou qui masquent cette réalité.

 

Nous souhaitons aussi être un parti de la cohérence entre le discours et l’action. Ce n’est pas toujours ce qui prévaut dans le champ politique traditionnel, malheureusement, mais c’est la condition sine qua non d’une réconciliation des citoyens avec la politique et avec les politiques.

 

Cher(e)s Camarades,

 

La       création d’un parti comme le nôtre est de nature à susciter un grand espoir et une forte attente.

 

Il nous appartient de ne pas décevoir cet espoir et d’être à la hauteur de cette attente.

 

Il nous faut donc nous mobiliser et nous apprêter à faire preuve de toujours plus de foi militante.

 

Il nous faut résolument contribuer à l’élaboration d’un véritable projet de société émancipateur pour la femme et l’homme martiniquais,

 

Cela passe, selon nous, par la construction d’un modèle original dans le cadre de la France et de l’Europe.

 

Un modèle nous permettant de concilier appartenance à un grand ensemble démocratique, insertion dans notre environnement géographique naturel et mise en œuvre d’indispensables leviers de responsabilité locale nécessaires à l’affirmation de notre identité collective comme à la mise en œuvre de politiques efficaces de développement.

 

Cela passe, nous en sommes tous convaincus ici, par la définition d’un statut d’autonomie à soumettre, le moment venu, aux Martiniquaises et aux Martiniquais.

 

Cher(e)s Camarades,

 

Lez 26 mars dernier, nous avons pris la résolution de créer le RDM et nous nous sommes dotés d’un socle doctrinal.

 

Aujourd’hui, grâce à vous, le RDM est fondé, ses statuts votés, ses instances dirigeantes en place.

 

Désormais, nous avons une doctrine inscrite d’ailleurs en préambule de nos statuts.

 

Nous avons une identité : celle d’un parti authentiquement démocratique.

 

Nous avons aussi un message, que notre emblème, la conque de lambi, symbolise : c’est que le rassemblement est possible. Nous l’avons démontré en créant le RDM.

 

Mais nous ne devons pas nous arrêter là. Nous devons, au contraire, être le ferment d’un rassemblement plus large et plus fort encore.

 

C’est cela que la Martinique attend vraiment !

 

C’est cela que notre jeunesse, en particulier, attend de nous !

 

Alors merci camarades pour ce congrès. Nous pouvons partir ensemble à la bataille !

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