Discours soutien Ségolène Royal à Trinité

Allocution Claude LISE, Secrétaire Général du R.D.M.

Meeting Place Joyeuse à Trinité – Comité de soutien de Ségolène ROYAL

A la Présidentielle 2007 - Vendredi 26 Janvier 2007

  Citoyens, Citoyennes, chers amis, chers camarades

  A vous voir si nombreux, à vous voir si enthousiastes, à vous voir si mobilisés, je me dis qu’il n’y a pas à en douter, la Martinique sera au rendez-vous de la victoire de la Gauche !

 La Martinique sera au rendez-vous de la victoire qui va faire de Ségolène ROYAL LA PREMIERE FEMME Présidente de la République française ! 

 Et le Rassemblement Démocratique pour la Martinique dont les militants sont venus ce soir en masse, d’un grand nombre de communes, est bien décidé à travailler, à l’échelle de la Martinique, à la construction de cette victoire ! 

 Une victoire que nous entendons ne pas nous laisser voler comme en avril 2002 ! 

 Nous savons, en effet, ce qu’il en a coûté à la France, et nous savons ce qu’il en a coûté à l’outre-mer et à la Martinique en particulier. 

 Jacques CHIRAC n’a en effet, tenu aucun compte du caractère tout à fait singulier de sa réélection. Sans égard pour les voix de gauche portées sur son nom pour faire barrage à LE PEN, il a continué à mener avec ses deux premiers ministres successifs une politique typiquement de droite.  

 Une politique qui a eu pour effet de brider la croissance, de freiner l’emploi, de creuser les déficits publics, d’aggraver les inégalités, d’accroître la précarité et d’exacerber les tensions sociales. 

 L’échec est là, patent, qu’aucun artifice dans la présentation des faits, qu’aucune manipulation de données statistiques, ne peut parvenir à atténuer.

 Pour ne prendre qu’un élément de comparaison : alors qu’entre 1997 et 2002 la gauche avait crée 370 000 emplois par an, la droite, depuis 2002 n’en a créés qu’à peine 38 000 par an, parmi lesquels, près de 78 % de contrats précaires ! 

 Nicolas SARKOZY porte évidemment une énorme part de responsabilités dans ce bilan.  

 Et la Martinique dans tout ça ? Eh bien, comme tous les départements et collectivités d’outre- mer, et contrairement à ce qu’essaie de faire croire la propagande officielle, elle n’a pas manqué de subir les effets de cette politique désastreuse. 

 Il ne faut pas, en effet, se laisser abuser par un élément positif que la droite se complait à souligner et qu’elle prétend bien sûr mettre à son actif : il s’agit de la fameuse baisse de 3 points du taux de chômage. Une baisse légère qui ne nous empêche tout de même pas de nous situer à un taux inacceptable puisqu’il est de
24 % ! Une baisse qui s’est, en fait, amorcée en 2000 et qui trouve son origine :

· Premièrement, dans les mesures économiques de la loi d’orientation pour l’outre-mer votée sous le gouvernement JOSPIN. 

· Deuxièmement, dans l’efficacité dont ont su faire preuve les collectivités territoriales dans la mise en œuvre des dispositifs d’emploi aidés  

 La loi de programme de Madame GIRARDIN, qui n’a été votée qu’en juillet 2003, a essentiellement visé à renforcer les dispositifs précédents de défiscalisation. Elle n’a eu, jusqu’ici, de toute évidence, que très peu d’effets sur l’emploi. 

 En revanche, la situation s’est nettement dégradée dans certains secteurs comme celui de la banane (plus de 2000 emplois ont été perdus en 2 ans) ou encore celui du BTP. Dans ce dernier secteur, de nombreuses entreprises ont déposé ou sont au bord de déposer leur bilan du fait des factures impayées par l’Etat (plus de 16 millions d’euros à ce jour !). 

 Il faut savoir que la dette exigible de l’Etat dans le secteur du logement social se monte, pour l’ensemble de l’outre-mer, à 113 millions d’euros !  

 Le Premier Ministre a annoncé que cette dette serait apurée avant la fin mars 2007 ; mais, ainsi que je l’ai prouvé dans mon rapport sur le budget de l’outre-mer, seuls 60 millions d’euros paraissent effectivement mobilisables à cet effet. Il reste donc 53 millions à trouver ! Sans compter les crédits de paiements permettant de financer les opérations de 2007 … 

 En fait, dans un domaine où, dans tout l’outre-mer et ici en particulier, les besoins sont encore considérables, tant on a accumulé de retard, le décalage, l’énorme décalage entre les discours de nos actuels gouvernants et les moyens effectivement mis en œuvre est proprement scandaleux. 

 Au moment où le Président de la République cherche à se donner le beau rôle sur le thème, emprunté à la gauche, du droit au logement, la question qui se pose ici, s’agissant du logement social, il faut que vous la sachiez, Chère Ségolène Royal, ce n’est pas comment lancer de nouveaux chantiers mais bien comment achever les chantiers en cours ! 

 On a là, en réalité, une parfaite illustration de ce que la droite a érigé en véritable méthode de gouvernement : la primauté donnée à la proclamation et, singulièrement, à la communication sur l’action. 

 Eh bien, je vous le dis, il faut en finir avec ce type de méthode, il faut en finir avec une telle politique ! 

 Des efforts considérables, sont, certes, consentis localement pour en atténuer les effets désastreux :  

  • Par nombre d’acteurs  économiques dont on doit saluer le dynamisme, 
  • Mais aussi et surtout par les collectivités territoriales. Celles-ci sont malheureusement de plus en plus asphyxiées par les transferts de charges opérés par l’Etat et par le montant considérable des sommes que celui-ci doit à certaines d’entre elles (50 millions d’euros au seul Conseil général). Des dettes de l’Etat qui, proportionnellement, pèsent infiniment plus lourd dans le budget de nos collectivités territoriales que dans celui des collectivités territoriales de l’hexagone. 

 Il faut craindre, ne le cachons pas, unedégradation de plus en plus rapide et grave de la situation ; une situation où, faut-il le rappeler, sur un peu moins de 400 000 habitants, on compte près de 38 000 chômeurs, 32 500 Rmistes et ce qui paraît plus préoccupant encore, plus de 60 000 personnes vivant de minima sociaux.  

 Alors, quelles solutions nous propose Nicolas SARKOZY ? Je m’attendais de la part de quelqu’un qui se targue d’être un candidat de la rupture, fut-elle tranquille, à entendre quelques propositions novatrices. Je n’ai trouvé, hélas, qu’une désolante continuité dans le recours aux artifices et aux poncifs classiques de la droite :

  • il y a bien sûr la vieille rengaine sur le débat institutionnel qui doit céder la place à l’action pour le développement, 
  • il y a l’accent mis, une nouvelle fois, sur la défiscalisation qui n’aurait, selon lui, besoin d’autre réforme qu’une simplification des procédures, 
  • Il y a la fausse idée neuve des zones franches globales, 
  • Pour le reste, il n’y a que des souhaits qui n’engagent en rien, que des « ya ka »: Ya ka améliorer l’école, l’université, la santé, etc, etc… 

 Eh bien, je suis heureux, Chers Amis et Camarades, que, face à cette façon arrogante et si peu originale de nous dire ce qu’il y a lieu de faire pour nous, nous ayons une candidate à l’élection présidentielle, notre candidate, qui s’adresse à nous en nous disant : «je veux vous écouter, parce qu’avant tout, je vous respecte. 

 Je veux vous écouter parce que j’ai conscience que vous avez votre propre vision de votre réalité et que vous avez des aspirations légitimes à faire valoir : notamment celle de voir respecter votre identité et votre culture. Et celle d’assumer davantage de responsabilités  dans la conduite de vos affaires ». 

 Je suis heureux, Camarades, d’avoir une candidate qui nous dise : « la vision que j’ai de l’outre-mer n’a rien à voir avec le classique cliché exotique ni avec la vision comptable de Bercy ». 

 Je suis heureux, Camarades, d’avoir une candidate qui nous dise : «je n’ai pas de remèdes miracles mais j’ai une réelle volonté de changer les choses ; non pas d’en haut, en privilégiant le point de vue des technocrates des administrations centrales, mais en construisant avec vous, avec vos élus et vos forces vives, un projet porteur d’avenir.  

 A nous donc, ici, de confronter nos idées et de conjuguer nos efforts pour en jeter les bases.

 Ce projet doit évidemment prendre en compte nos handicaps structurels, sans oublier, comme le fait SARKOZY, le handicap institutionnel.  

 Il doit prendre en compte également, bien sûr, nos atouts qui sont nombreux, et au premier rang desquels il y a notre positionnement à l’interface entre l’Europe, d’une part, les pays de la Caraïbe et de l’espace américain, d’autre part. 

 Et à vous, Chère Ségolène ROYAL, nous ne demandons qu’une chose : que vous restiez fidèle à la démarche que vous avez choisi d’adopter. Que vous restiez fidèle à la conception que vous avez de la politique et de la manière de gouverner à la tête d’un état démocratique et moderne. Que vous restiez fidèle, en somme, à vous-même ! 

 Et c’est parce que, sue ce plan, nous sommes, nous, responsables et militants du RDM, convaincus que vous ne nous décevrez pas, que nous avons décidé de nous engager dans votre campagne. 

 De nous y engager avec la ferme détermination de contribuer à mettre en mouvement la formidable lame de fond qui est en train de se constituer et qui va bientôt déferler et vous porter triomphalement à l’Elysée ! 

 A l’Elysée, où vous aurez alors la lourde responsabilité de redonner à une importante fraction de notre jeunesse, en proie au mal-être et tenté par la désespérance, un réel désir d’avenir. 

 Ce réel désir d’avenir que vous incarnez si bien !

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site