L'esclavage, crime contre l'humanité

Aimé CESAIRE - Claude LISE - Pierre ALIKER au CDST - janvier 2005

 

 

CLAUDE LISE DES 1998 S’ENGAGE POUR LA RECONNAISSANCE DE L’ESCLAVAGE EN TANT QUE CRIME CONTRE L HUMANITE

En 1998, dans le contexte de la commémoration des 150 ans de l’abolition de l’esclavage en France, Madame Christiane TAUBIRA DELAMON, Députée de la Guyane, a pris l’initiative d’une proposition de loi visant à ce que le Parlement Français reconnaisse comme crime contre l’humanité, d’une part la traite négrière transatlantique et la traite dans l’océan indien ; d’autre part l’esclavage perpétré, à partir du 15ième siècle, aux Amériques, dans la Caraïbe, dans l’Océan indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes.

J’ai bien entendu soutenu cette initiative. Je me suis attaché, en séance publique du 23 mars 2000, à combattre l’opposition de la Commission des lois du Sénat à l’adoption de cette proposition de loi et en soulignant notamment la singularité de la Traite et de l’Esclavage des Noirs, à convaincre mes collègues de se prononcer favorablement sur le texte.

Quelques extraits de mon intervention :

« C’est une initiative qui ne peut que contribuer à rappeler qu’il existe un devoir de mémoire qui s’impose à chacune et à chacun comme antidote à l’assoupissement des consciences devant toutes les formes de barbarie présentes et à venir…).

Dans cette proposition de loi, toutes les variétés d’esclavages- et de traites- ne sont pas mises en avant. Mais ce n’est pas parce qu’elles sont écartées ou sous-estimées (…). Ce qui est proposé en réalité, c’est de sortir d’une qualification générale, c’est d’abandonner une vision par trop abstraite qui ne peut qu’émousser la capacité d’indignation que l’on voudrait, au contraire, voir s’exacerber dans chaque conscience. C’est de ne retenir (…) que ce dans quoi la France s’est trouvée directement impliquée pendant des siècles (…).

Il s’agit d’une période historique (…) qui s’est achevée il y a à peine cent cinquante ans et dont certaines conséquences sont encore d’une grande actualité.

En réalité, l’esclavage dit moderne pratiqué par la France du 15ième siècle au 19ième siècle se distingue de la majorité des autres pratiques esclavagistes par différents caractères qui lui confèrent une véritable singularité (…).

Ce qui donne à cet esclavage son caractère véritablement singulier c’est, il faut le souligner sa dimension « raciale » ; c’est le fait que cette entreprise de déshumanisation, officielle et légale, ait visé pour l’essentiel une « race » particulière pour employer un concept largement remis en question depuis. C’est le fait surtout qu’elle ait donné lieu, pour sa propre légitimation, au déploiement, à travers les siècles d’une idéologie raciste destinée à consacrer une essence inférieure de « l’Homme noir » (…) le texte qui nous est soumis nous invite à mieux prendre conscience de ce qui constitue l’une des sources importantes où le racisme et en particulier le racisme anti-noir puise son venin malfaisant. Les mesures qu’il propose et qui sont de nature à mieux informer l’élève et le citoyen sur cette question peuvent contribuer à lutter contre ce qui est un dangereuse maladie de l’esprit (…).

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site