Le "siècle" de Pierre ALIKER

 Discours du Sénateur Claude LISE prononcé en présence du Docteur Pierre ALIKER à l’occasion du vernissage de l’Exposition “ Le siècle d’Aliker” en son honneur le jour anniversaire de ses 100 ans,
le 9 février 2007. à la Bibliothèque Schoelcher.

Cette exposition se tient du 9 au 28 février 2007 à l’initiative du Sénateur Claude LISE, Président du Conseil Général et de Monsieur Marc AUBURTIN, Directeur général délégué de France-Antilles à la Bibliothèque Schoelcher

Cher Docteur ALIKER,
Cher Aimé CESAIRE,
Mesdames et Messieurs les Elus,
Monsieur le Directeur Général Délégué de France-Antilles,Mesdames, Messieurs, 

Je suis très heureux de recevoir ici à la Bibliothèque Schoelcher, le jour de son 100ème anniversaire, le Docteur ALIKER ainsi qu’Aimé CESAIRE. 

Le Docteur ALIKER mérite amplement l’hommage qui lui est rendu à travers l’exposition conçue et réalisée par France-Antilles que nous allons découvrir tout à l’heure ; l’hommage qui lui sera également rendu cet après-midi, à travers la dénomination du Stade municipal qui portera désormais son nom.

 On peut dire du Docteur ALIKER qu’il est littéralement, comme on a pu le dire d’autres grandes figures, « un homme- siècle ».

Un homme qui, en étroite et fidèle complicité avec Aimé CESAIRE, est de ceux qui ont puissamment aidé la Martinique à « regarder le siècle en face ». A croire en ses potentialités, en son identité, en sa jeunesse et en son avenir, en sa capacité à être elle-même et à apporter quelque chose au monde. 

Il faut sans doute d’abord saluer en lui le bâtisseur. Le 1er adjoint au maire de Fort-de-France qui aura particulièrement mis ses compétences en matière sanitaire et sociale au service d’une Ville. Pour que celle-ci relève le défi gigantesque de son assainissement et s’applique à éradiquer nombre de maladies et de fléaux. 

Il faut certainement souligner les qualités du gestionnaire rigoureux, des qualités dont je peux, pour ma part, témoigner, pour avoir été, pendant 18 ans, 5ème puis 3ème adjoint au maire. 

Il ne faut pas non plus perdre de vue que, chez lui, l’ambition pour Fort-de-France est doublée d’une grande ambition pour la Martinique.  

Celle qui l’a, par exemple, amené à siéger sur les bancs de l’Assemblée départementale pendant 12 ans, de 1958 à 1970. Celle qui s’appuie sur des convictions fortes et inébranlables. Des convictions régulièrement exprimées à travers des prises de position empreintes de lucidité, de clarté et de clairvoyance. Des convictions qui lui interdisent toute concession sur l’exigence de promouvoir l’identité et la responsabilité martiniquaises, sur l’exigence d’inscrire la solidarité et la justice sociale au cœur de tout projet de société.

Homme de rigueur, de rigueur intellectuelle et de rigueur morale, le Docteur ALIKER l’est assurément ! Il l’est dans la vie publique comme dans la vie privée. 

On aurait pourtant tort de croire que cette inflexible rigueur ne s’allie pas chez lui à une grande sensibilité : celle que l’on ne tarde pas à découvrir et à ressentir quand on a le privilège de le côtoyer dans son intimité. 

La sensibilité qui affleure quand il évoque de vieilles et profondes blessures.  

La sensibilité qui le rend très perméable à l’univers et à la force d’expression des œuvres littéraires et artistiques majeures. 

La sensibilité qui inspire sa fidélité et sa loyauté en amitié, fidélité et loyauté que les vicissitudes de la vie politique sont d’ailleurs impuissantes à le faire démentir. 

On aurait tort d’oublier, mais je l’effleurais à l’instant, que, chez le Docteur ALIKER, il y a aussi l’homme de culture. L’homme qui, par sa formation et sa profession, est évidemment imprégné de culture scientifique ; mais aussi l’homme foncièrement curieux de toutes les cultures du monde, dans leur singularité comme dans leur rapport à la civilisation universelle. 

Il serait, par ailleurs, bien difficile de faire l’impasse sur son immense passé de sportif. Sur l’égal talent et l’égale détermination qu’il a pu mettre à pratiquer des disciplines aussi diverses que la gymnastique suédoise, l’escrime, la boxe, le football,… et j’en oublie certainement. 

Le Docteur ALIKER mérite donc vraiment que l’on donne son parcours exceptionnel en exemple à notre jeunesse et au peuple martiniquais. 

Cela est d’autant plus utile que sa modestie naturelle l’a probablement dissuadé de nous livrer le témoignage écrit d’une trajectoire aussi riche et aussi intense. Une trajectoire dont doivent absolument se saisir tous ceux qui sont attachés à l’écriture de l’histoire du peuple martiniquais. 

Cher Docteur ALIKER, je veux, en terminant, vous dire combien un tel hommage me semble aussi participer d’un devoir auquel nous sommes fiers de nous plier : celui d’inviter le plus grand nombre à s’imprégner de la démonstration énergique que vous faites au quotidien : la démonstration qu’il est décidément des manières pleines de noblesse, de grandeur, de dignité et de désintéressement d’exercer le métier d’homme. 

Joyeux anniversaire Docteur et bonne exposition à toutes et à tous !

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