Soutien à Ségolène (suite)

Allocution Claude LISE, Secrétaire Général du R.D.M.

Meeting Hall des Sports de Ducos – Comité de soutien de Ségolène ROYAL

A la Présidentielle 2007 – Samedi 14 Avril 2007

 
Citoyennes, Citoyens de Ducos et des différentes communes ici représentées,

 Camarades et Amis,

                         Je suis vraiment très heureux d’être parmi vous ce soir ; très heureux de prendre la parole au nom du Rassemblement Démocratique pour la Martinique, dans ce hall des sports mis à la disposition du Comité de soutien par mon Ami Charles-André MENCE, Maire de cette belle commune de Ducos mais également membre du Conseil politique du R.D.M.

                         Je suis heureux également de saluer la présence de Dominique STRAUSS-KAHN. DSK que l’on n’a évidemment pas besoin de présenter, mais dont je veux souligner l’apport déterminant à la réflexion sur le socialisme démocratique tel qu’on doit le concevoir aujourd’hui.

                         DSK dont je tiens également à souligner le réel et constant intérêt  pour les questions concernant l’Outre mer et plus particulièrement pour la situation de nos compatriotes vivants dans l’Hexagone. Ceux de Sarcelles peuvent en témoigner. Je peux quant à moi en témoigner pour l’avoir eu comme président de la commission des Finances de l’Assemblée Nationale (à l’époque où j’étais député). Un président sur qui j’ai pu compter, sur qui j’ai pu m’appuyer pour défendre des dossiers difficiles comme par exemple celui de l’octroi de mer ou celui de la défiscalisation.

 
                        Eh bien, mon cher Dominique, je suis sûr qu’à travers cet unique meeting, tu auras su prendre le pouls de la campagne que nous menons ici ; je suis sûr que tu vas pouvoir dire aux amis, que tu vas retrouver mardi à Paris, qu’à la Martinique, l’issue du scrutin ne fait aucun doute : Ségolène ROYAL sera très largement en tête !

                         Et elle le sera dès le premier tour !

                         Oui, nous la mettrons largement en tête parce que nous partageons avec elle les mêmes valeurs ; parce que nous partageons avec elle sa vision et son désir d’un avenir tout à fait différent de celui que nous offre la Droite depuis cinq ans.

                         Oui, nous la mettrons largement en tête parce qu’elle nous a démontré quelle a les qualités requises pour gagner le combat qu’elle a engagé et pour maintenir ensuite le cap qu’elle s’est fixé.

                         Oui, nous la mettrons largement en tête parce qu’elle est vraiment, comme on le dit, « en fam doubout » ! et, en utilisant l’expression, elle a bien compris ce que cela voulait dire ici !

                         Oui, Ségolène ROYAL sé en fam doubout, mais sé en fam doubout qui trouvé ici-a, pou suppote-i, en pèp doubout !

                         C’est en effet un peuple martiniquais debout qui soutient Ségolène ROYAL !

                         Un peuple debout, c'est-à-dire un peuple qui sait que rien ne s’obtient sans effort, un peuple qui n’attend pas simplement que l’on fasse pour lui, mais qui sait - toute son histoire le lui a appris – que c’est à lui d’abord que revient la tâche, que revient le devoir d’œuvrer à la construction de son avenir.

                         C’est dire que, dans leur très grande majorité, les Martiniquais n’attendent pas qu’un candidat aux Présidentielles vienne leur apporter des solutions toutes faites à l’ensemble de leurs problèmes. Et que, par conséquent, ils sont très peu perméables aux critiques de ceux qui reprochent à Ségolène ROYAL de ne pas avoir un vrai programme pour l’Outre-mer.

                         Nous savons bien ce qu’ils appellent programme pour l’Outre-mer : il s’agit toujours d’un catalogue de mesures qui, pour une bonne part, ne constitue qu’un simple recensement des problèmes assorti de la promesse de les résoudre.

                         On est là typiquement dans le registre du « ya ka » (ya ka stimuler l’emploi pour réduire le chômage, ya ka opérer une relance de la construction de logement pour réduire la crise du logement social, etc.).

                         A ces voeux pieux s’ajoutent toujours quelques dispositifs concoctés par des technocrates parisiens ; des technocrates de la catégorie que l’on voit toujours hanter les allées du pouvoir et qui, malheureusement, se distinguent par leur incapacité de penser la complexité et la diversité, par leur obstination à vouloir faire la réalité entrer de force dans des moules conceptuels pré-établis.

                         Rien à voir, fort heureusement, avec la conception mise très nettement en avant par Ségolène ROYAL et qui consiste, au lieu de prétendre résoudre les problèmes d’en haut, à écouter d’abord les citoyens concernés et leurs élus. C’est ce qu’elle a fait partout.

                         C’est ainsi qu’elle a attentivement écouté ce que nous lui avons dit, par exemple, au sujet du logement social. Et, contrairement à Nicolas SARKOZY qui, n’écoutant que ses « experts », s’est débarrasé du problème en prétendant qu’il suffira de faire appel à la défiscalisation, elle a compris qu’il fallait arrêter la spirale à la baisse des crédits de la L.B.U. ; une spirale qui explique qu’entre 2001 et 2006 le nombre de logements locatifs sociaux neufs en  Martinique a  diminué de 75 % ! Le nombre de logements réhabilités a diminué, lui, de 11 % !

                         Ségolène ROYAL s’est donc engagée à faire en sorte que les crédits de la L.B.U. retrouvent, et même dépassent, leur niveau de 2002.

                         Elle s’est engagée par ailleurs à faire l’Etat payer les sommes qu’il doit aux petites et moyennes entreprises  qui font de la réhabilitation de logements sociaux (cette dette s’élevait à 26 millions d’euros en décembre avec les conséquences que l’on devine).

                         S’agissant du développement et de l’emploi, elle nous a écouté également et elle a compris qu’il n’y avait aucune recette miraculeuse, du type zone franche globale par exemple, surtout tel que préconisé par SARKOZY ! Elle a compris qu’il fallait, avant de promouvoir une telle mesure, commencer par en discuter les modalités avec les élus et les professionnels.

                         De même, elle a reconnu la nécessité de sauvegarder, mais en les revisitant, et en les évaluant, les dispositifs d’allègement de charges sociales patronales mis en place par la loi d’orientation pour l’Outre-mer votée sous le gouvernement JOSPIN et quelque peu modifiée par la loi de programmation de Madame GIRARDIN.

                         Et elle a reconnu la nécessité aussi de sauvegarder le dispositif de défiscalisation mais en le réformant pour éviter un certain nombre d’effets pervers, et là encore en concertation étroite avec les élus et les professionnels concernés.

                         S’agissant des problèmes institutionnels, elle a compris également qu’on ne pouvait se contenter de dire, comme NICOLAS SARKOZY, que le peuple a tranché une fois pour toute en décembre 2003. Elle a compris qu’on ne peut sous-estimer les conséquences néfastes de la coexistence d’une collectivité régionale et d’une collectivité départementale sur un territoire de 1 100 Km. Et elle a adopté la seule position acceptable pour le plus grand nombre d’entre nous : «c’est, a-t-elle déclaré, aux élus de la Martinique et de la Guadeloupe de dire si l’organisation institutionnelle doit être améliorée dans l’une ou l’autre île et quelle serait alors, la meilleure manière d’y parvenir. S’ils manifestaient une telle intention, je serais prête à en discuter avec eux ». Cela est évidemment valable aussi pour la Guyane.

                         Le R.D.M. a très clairement salué cette façon d’aborder les problèmes des Outre mers.

                         Cette conception répond très bien, en effet, à ce que j’ai exprimé dans la lettre que je lui ai adressée, en tant que Secrétaire général du R.D.M. à la veille de son voyage en Martinique. Je cite :

                         « Ce que nous attendons de vous, à ce stade de la campagne, ce n’est pas tant que vous preniez d’ores et déjà position en faveur de tel ou tel élément programmatique précis.

                         C’est surtout que vous accueillez nos éléments de réflexion comme s’inscrivant dans la démarche à laquelle nous vous savons attachée.

                         Une démarche qui fait toute leur place à l’écoute et au dialogue.

                         Nous pensons très fortement que cette démarche et, plus encore, cet état d’esprit doit tout particulièrement être privilégié s’agissant des questions qui concernent les Outre mers, et notamment de toutes celles qui relèvent du domaine économique et social, du domaine des ressources des collectivités locales, de celui des compétences des collectivités locales ou encore de l’évolution institutionnelle…

                         Nous sommes convaincus qu’une telle méthode doit prévaloir non seulement dans la campagne, mais aussi après votre accession aux plus hautes fonctions de l’Etat.

                         Elle seule est de nature à favoriser uen approche pertinente de la diversité qui caractérise les Outre mers et de la réalité des attentes des femmes et des hommes qui y vivent.

                         Elle seule va permettre la définition et la mise en œuvre de politiques, pour la Martinique et pour l’outre mer, qui soient véritablement efficaces parce que suffisamment confiantes dans le dynamisme de notre jeunesse et tenant compte, comme il se doit, du capital d’imagination et de la capacité d’initiative de nos peuple. »

                         Et, en prenant la parole au meeting de Trinité le 26 janvier dernier, j’ajoutais : «je suis heureux d’avoir une candidate qui nous dise : je n’ai pas de remède miracle mais j’ai une réelle volonté de changer les choses ; non pas d’en haut, mais en construisant avec vous, avec vos élus, et vos forces vives, un véritable projet d’avenir ».

                         A nous donc, ici, de confronter nos idées et de conjuguer nos efforts pour en jeter les bases ! Même si cela ne paraît toujours pas évident pour certains…

                         Cela dit, Chers Camarades, si nous apprécions beaucoup une démarche et une méthode qui peuvent permettre de bien prendre en compte nos spécificités, nous apprécions tout particulièrement que cette démarche et cette méthode soient mises au service d’une politique qui tourne résolument le dos à la politique d’inspiration néo-libérale menée par la Droite depuis 2002.

                         Cette politique qui, certes, a permis aux grands groupes du CAC 40 de faire des profits fabuleux (ils ont distribué 40 millions d’euros à leurs actionnaires en 2006 !), mais qui a conduit la France dans une situation de quasi faillite, avec notamment une dette publique qui atteint 2 400 milliards d’euros !

                         Une situation qui voit s’accroître le chômage, les inégalités, la précarité et toutes les formes d’exclusions.

                         Ici, en Martinique, les effets de cette politique sont encore plus désastreux : le chômage qui avait amorcé une décrue sous la Gauche est reparti à la hausse (il accuse un taux de 25 % actuellement). On compte, vous le savez, plus de 32 500 Rmistes et, plus grave, près de 50 000 personnes vivant de minima sociaux. Près de 63 000 Martiniquais se situent d’ailleurs au dessous du seuil de pauvreté (c'est-à-dire, vivent avec moins de 645 euros par mois).

                         Nicolas SARKOZY ne peut nier la responsabilité qui lui revient dans cette situation catastrophique. Il ne peut pas nous faire oublier qu’il a été Ministre de l’Economie et des Finances puis Ministre de l’Intérieur (Ministre d’Etat, numéro 2 du gouvernement VILLEPIN !). Il ne peut parvenir à nous faire oublier qu’il est depuis plus de deux ans le patron de l’UMP, le principal parti de la majorité.

                         Il peut donc difficilement se présenter à nous comme le candidat de la rupture.

                         Le changement qu’il prône c’est un changement de niveau dans une même politique : il veut tout simplement aller plus loin, beaucoup plus loin dans la même voie !

                         Et lorsqu’il nous promet que « tout va devenir possible », nous devons le croire, je vous l’assure : avec Nicolas SARKOZY, oui, tout va devenir possible, même le pire ! Il faudrait compléter son slogan en ce sens !

                         Nous devons comprendre, en fait, que tout va devenir possible pour les tenants de l’ultralibéralisme et les profiteurs de l’actuel capitalisme financier qui ne cessent de se développer. Qu’ils pourront bénéficier d’encore plus de cadeaux fiscaux. Qu’ils pourront faire davantage encore de profits et, du même coup, provoquer un accroissement encore plus important des inégalités.

                         Nous devons comprendre que tout va devenir possible aussi pour ceux qui souhaitent le retour à un état policier, à un état répressif tel qu’on en a connu dans le passé. Nicolas SARKOZY nous a amplement révélé son penchant naturel, l’obsession qui l’habite en la matière. Et il multiplie en ce moment les signaux en direction de LE PEN qui veut bien lui décerner en retour des appréciations positives.

                         Cela est de très mauvais augure pour la France mais tout particulièrement pour nous ; pour les peuples d’Outre mer et pour les Ultramarins qui vivent dans l’Hexagone et qui sont déjà en butte quotidiennement aux discriminations de toutes sortes et aux comportements racistes.

                         Alors, il est évident qu’il nous faut, à tout prix, faire barrage à cet homme que même certains de ses amis ou alliés considèrent comme un homme dangereux ! Vous avez tous entendu les récents propos de son ex-collègue du gouvernement Azouz BEGAB.

                         Il nous faut faire barrage à Nicolas SARKOZY et il nous faut opter pour la seule alternative possible.

                         La seule parce que, contrairement  à ce que pensent un peu légèrement certains, François BAYROU ne peut incarner une alternative.

                         Il a beau emprunter, ici et là, des idées à la Gauche et des mots à la Gauche ; il a beau se référer de temps en temps à certaines grandes figures du socialisme, il demeure un homme de Droite.

                         Son actuel positionnement ne peut nous faire oublier le soutien qu’il a longtemps apporté à la politique qu’il dénonce aujourd’hui.

                         Et nous avons, nous ici, des raisons de nous poser des questions sur la confiance que l’on peut lui faire : nous avons, en effet, toujours en mémoire son intrusion brève et tout à fait intempestive dans la campagne du référendum local de décembre 2003. Il était venu dire ici qu’il était dangereux de doter la Martinique d’une collectivité unique ; Or, parmi ses propositions de candidat à la Présidence de la République figure la fusion de certaines collectivités régionales avec des collectivités départementales dans un souci de plus grande efficacité des politiques publiques … !

                         La seule alternative, en réalité, c’est bien celle qu’incarne Ségolène ROYAL en nous proposant une politique imprégnée des grandes valeurs du socialisme démocratique. Une politique qui vise à replacer l’homme au cœur des politiques de développement et qui refuse d’en faire le jouet des forces aveugles du marché.

                         Une politique qui s’attache à promouvoir, dans tous les domaines, l’égalité des chances.

                         Une politique qui entend instaurer un autre mode de relation entre l’Etat et les partenaires sociaux, entre l’Etat et les élus, entre les élus et les citoyens ; mais également entre la France hexagonale  et les Outre mers.

                         Il n’y a donc pas à hésiter, le choix que nous avons à opérer est très clair : c’est celui de faire de Ségolène ROYAL la première femme présidente de la République française !

                         Nous devons, pour cela, nous mobiliser, nous mobiliser encore davantage qu’aujourd’hui.

                         Nous devons expliquer, partout autour de nous, l’importance de l’enjeu.

                         Nous devons rappeler les risques graves que pourraient faire courir au premier tour l’abstention ou l’éparpillement des voix sur des candidats de gauche qui n’ont aucune chance d’être élu.

                         Nous en avons fait, hélas, l’expérience en 2002. Nous serions impardonnables de nous retrouver dans une telle situation. Personne ne pourrait dire, cette fois, « mwen pa compren koumen sa rivé ? ».

                         Camarades et Amis,  la victoire est là, à notre portée. A nous de la concrétiser ! À nous de faire qu’elle soit belle, car plus elle le sera et plus le changement que nous attendons pourra vaincre les résistances des conservateurs et s’imposer !

                         Rendons-là incontestable dès le premier tour ! Et faisons en sorte de pouvoir dire au soir du 6 mai, non seulement « Ségolène a gagné ! » mais :

« Nous avons gagnés ! ». Car nous aurons acquis le droit de considérer que cette victoire est aussi notre victoire !

                         Et nous pourrons la dédier à notre jeunesse ! Oui, à notre jeunesse dont nous mesurons chaque jour davantage, plus que le désir, la véritable soif d’un avenir meilleur !

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site