Les orientations budgétaires 2009 du Conseil Général de la Martinique

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Allocution de M. Claude LISE

Président du Conseil général

Séance plénière du jeudi 11 décembre 2008

Hôtel du Conseil général

 

Cher(e)s Collègues,

 

Notre débat sur les orientations budgétaires pour l’exercice 2009 s’inscrit dans un contexte particulièrement difficile, tant sur le plan international qu’au niveau de l’Etat et au niveau local.

 

La crise financière internationale, survenue il y a plusieurs semaines, qui génère une véritable crise économique mondiale, ne va pas manquer d’affecter encore gravement la situation budgétaire de l’Etat déjà très fortement dégradée depuis plusieurs années.

 

De fait, les experts économiques prévoient, pour 2009, une véritable récession dans l’ensemble de la zone euro et, dans ce cadre, une très sensible diminution du taux de croissance en France. Celui-ci devrait, en effet, selon l’Observatoire français de la conjoncture économique (O.F.C.E.), se situer, l’année prochaine, entre – 0,1 % et 0,7 %.

 

C’est donc dans un contexte de diminution prévisible des ressources en provenance de l’Etat que l’ensemble des collectivités territoriales préparent leur budget pour le prochain exercice.

 

Cette situation est particulièrement pénalisante pour les collectivités départementales, qui exercent une très grande diversité de compétences et qui mènent, en particulier, une action extrêmement importante en matière d’aide sociale, d’aide aux communes et, d’une manière générale, en faveur du développement de leurs territoires. Des collectivités départementales pour lesquelles, selon les estimations de l’Assemblée des Départements de France, les dotations de l’Etat, il faut le souligner, ne progresseront réellement, en 2009, que de 0,66 %.

 

De ce point de vue, un article du quotidien économique « Les Echos », en date du 29 octobre dernier, dresse un diagnostic on ne peut plus lucide de la situation : « Rarement, indique-t-il, les conseils généraux qui préparent leur budget 2009 auront été confrontés à d’aussi douloureux arbitrages… Les départements sont pris en tenaille entre, d’un côté, des recettes fiscales et des dotations de l’Etat qui piétinent et, de l’autre, des dépenses sociales incompressibles ».

 

Le président de l’Assemblée des Départements de France a, pour sa part, estimé, lors du congrès de l’A.D.F. du mois d’octobre dernier, qu’un recours à une hausse de la fiscalité ne serait pas suffisant pour maintenir les équilibres, « sauf à matraquer le contribuable ». Il n’hésitait pas à ajouter que, selon lui, beaucoup d’exécutifs, sous l’accumulation des contraintes, seraient obligés « d’avoir aussi, je cite, à tailler dans les subventions versées aux communes et à étaler une partie de leurs investissements ».

 

Pour finir de bien faire prendre la mesure de la situation, l’article des Echos poursuit, quant à lui, en rappelant que « les 3/4 des dépenses des départements relèvent de compétences obligatoires et que plus des 2/3 de celles de fonctionnement passent dans leurs politiques sociales… le décollage quasi vertical de la nouvelle Prestation de Compensation du Handicap (PCH), le rythme toujours soutenu auquel progresse l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) et les incertitudes sur le coût final du Revenu de Solidarité Active (RSA), qui doit remplacer le RMI, soumettent les finances départementales à un redoutable effet de ciseaux. Les ressources des conseils généraux n’évoluent pas à la même allure que leurs dépenses ».

 

Il va sans dire, Cher(e)s Collègues, que cette situation, préoccupante pour l’ensemble des départements, se trouve encore aggravée pour les collectivités départementales d’outre mer, du fait de la situation économique et sociale particulièrement difficile à laquelle celles-ci doivent faire face.

 

Pour la Martinique, cette situation se caractérise notamment par :

 

un taux de chômage de 23 %, quand celui de l’hexagone est en dessous des 10%,

 

un nombre élevé de bénéficiaires du RMI : plus de 32 396 au 31 décembre 2007, soit le 7ème rang de l’ensemble des départements français,

 

un potentiel fiscal faible classant le département de la Martinique au 80ème rang en 2007,

 

ou encore le fait que plus de 60 000 martiniquais vivent en dessous du seuil de pauvreté.

 

Un tel contexte pèse d’autant plus lourdement sur nos dépenses d’action sociale.

 

Mais il faut encore y ajouter, comme vous le savez, les conséquences, encore plus pénalisantes pour les collectivités départementales d’outre mer que pour celles de l’hexagone, des conditions de mise en œuvre, à partir de 2005, de l’acte II de la décentralisation avec son lot de transferts de charges insuffisamment compensés par l’Etat.

 

Il faut, de ce point de vue, notamment rappeler que l’écart entre les dépenses supportées par notre collectivité au titre du RMI – RSO et les ressources affectées à cette charge, et censées les compenser intégralement, est actuellement de 24 millions d’euros.

 

Il faut également rappeler que les dépenses liées au versement de l’A.P.A., auxquelles nous avons consacré 35 millions d’euros en 2007, ne sont plus compensées par l’Etat qu’à hauteur de 33 % contre 50 % auparavant. Il faut rappeler aussi les charges relatives au transfert des personnels T.O.S. de l’Education nationale (234 à ce jour pour un total de 333 qui seront pris en charge par le Conseil général d’ici fin janvier 2009) et qui obligent notre collectivité à effectuer des ponctions de plus en plus lourdes sur ses ressources propres en lieu et place de l’Etat.

 

De ce point de vue, une déclaration récente de la ministre de l’intérieur, de l’outre mer et des collectivités territoriales, n’a fait que confirmer à quel point l’article 72-2 de la Constitution n’offre, en matière de compensation, qu’une très aléatoire garantie aux collectivités territoriales. En indiquant qu’il fallait apprécier la compensation « au jour du transfert de la compétence », elle n’a fait, en réalité, que confirmer le choix qui a ainsi sciemment été fait de ne pas tenir compte de l’évolution constante des charges concernées, ne serait-ce qu’au rythme de l’inflation ou en raison de l’augmentation du nombre de bénéficiaires de certaines allocations qui découle, parfois, de décisions de l’Etat lui-même.

 

Il faut, à cet égard, souligner que, pour notre collectivité, la progression de la dépense liée au versement de la prestation de compensation du handicap est estimée, pour 2009, à 10 % et celle de la dépense liée au versement de l’APA à 8 %. Autant de dépenses auxquelles notre collectivité doit évidemment s’attacher à faire face non seulement au nom de ses obligations légales, mais, bien entendu, au nom de l’éminente exigence de solidarité à laquelle nous devons tous être attachés.

 

Il reste, quoi qu’il en soit, que, si l’on ajoute à toutes ces charges insuffisamment compensées par l’Etat, le fait que, par une curieuse conception de « l’activation du RMI », notre collectivité a été contrainte de financer, seule, quelque 2 700 contrats d’avenir (l’Etat laissant à sa charge près de 24 millions d’euros), la dette de ce dernier à l’égard du Conseil général de la Martinique s’élève aujourd’hui à plus de 70 millions d’euros.

 

Cela pèse sur le budget départemental d’un poids considérable.

 

Mais il reste encore à prendre en compte d’autres facteurs pénalisants et non négligeables.

 

Je pense d’abord, bien entendu, aux conséquences sur notre situation budgétaire des différentes catastrophes que la Martinique a connues dans une période récente, qu’il s’agisse du cyclone Dean, en aout 2007, du séisme de novembre 2007 ou de différents phénomènes de houle ; des catastrophes qui ont généré quelque 43 millions d’euros de dégats sur le patrimoine départemental – compte non tenu des dépenses relatives à la nécessaire reconstruction de certains équipements, et auxquels il faut ajouter les 2 millions d’euros que notre collectivité a su mobiliser en faveur des sinistrés de l’ouragan Dean.

 

Nous n’avons reçu, dans ce cadre, que 669 000 euros sur le fonds de secours d’urgence mis en place par l’Etat qui sont venus s’ajouter aux quelque 876 000 euros issus de la solidarité manifestée par un certain nombre de collectivités de l’hexagone.

 

Je pense, ensuite, au fait que le Conseil général de la Martinique aura, à l’instar des autres départements, également à subir les effets de la crise économique sur le secteur immobilier et sur les habitudes de consommation des ménages. Il faut, en l’occurrence, s’attendre à une diminution du produit des droits de mutation perçus sur les cessions immobilières, mais également du produit de la taxe sur les carburants ou encore de la taxe professionnelle.

 

En dépit d’un tel contexte, dont on voit qu’à bien des égards, il n’est pas porté à s’améliorer, notre collectivité a réussi, durant l’année écoulée, à maintenir un important niveau d’intervention non seulement en matière de solidarité mais, plus généralement, en faveur du développement de la Martinique.

 

Pour ne citer que quelques exemples, le nouveau collège du Robert, premier collège à énergie positive de Martinique, a pu ouvrir ses portes, comme prévu, en septembre dernier.

 

Il faut y ajouter toute une série d’autres opérations qui concernent, entre autres, la réalisation des centres médico-sociaux du Robert et de Sainte-Luce, la réalisation de la PMI Manhity au Lamentin, la réalisation de la gare du Vauclin, le chantier du port de Case-Pilote, les travaux réalisés sur la route départementale n° 1 de Fonds-Saint-Denis, l’achèvement de la modernisation de l’abattoir ou encore, bien sûr, la poursuite de l’important chantier du port de Grand-Rivière…

 

La remise en état du réseau routier et des équipements départementaux, dégradés par les catastrophes naturelles, s’est, par ailleurs, poursuivie selon une programmation par étapes allant des réparations urgentes à la consolidation définitive des équipements.

 

Les allocations de RMI, de PCH ou d’APA ont été versées chaque mois, sans aucune interruption, à leurs bénéficiaires. Les prestations diverses d’aide sociale en faveur de la petite enfance, des personnes âgées et des personnes défavorisées ont été versées dans leur intégralité.

 

Cependant, la forte détérioration de la situation socio-économique conjuguée à l’importance et au nombre des compétences obligatoires mis à la charge de notre département ont affecté profondément la structure de notre budget et amoindri considérablement nos marges de manœuvre.

 

Le Département est allé au bout de ses possibilités.

 

Il faut rappeler qu’il a été, toutes ces dernières années, le principal acteur économique de la Martinique, en volume budgétaire injecté directement dans le secteur économique, et le 3ème de sa strate démographique en matière de dépenses d’investissement.

 

Les interventions économiques du Conseil général ont revêtu des formes multiples allant de la construction d’ouvrages importants (collèges, centres médico-sociaux, bâtiments de PMI, ports de pêche, modernisation de la voirie départementale, usine de production d’eau potable…) à ce que l’on appelle l « Earmarking » c’est-à-dire, l’investissement dans l’immatériel (technologies de l’information et de la communication -TIC, pôle de compétitivité…), sans oublier le versement de subventions aux organismes et particuliers de nombreux secteurs de l’économie (SEM du Galion, abattoir, agriculteurs…).

 

Ces interventions ont permis de soutenir de nombreux secteurs de l’économie en difficulté (BTP, banane, sucre…) et donc de maintenir et de créer de l’emploi en Martinique.

 

Dans un contexte de désengagement de l’Etat et de dégradation de la situation financière des communes martiniquaises, l’intervention économique du Département, sur un territoire aussi exigu que celui de la Martinique, était indispensable.

 

Sur une petite île comme la nôtre, il est de la responsabilité des élus locaux de s’assurer que les Martiniquais disposent d’infrastructures suffisantes et suffisamment performantes pour répondre aux besoins fondamentaux.

 

C’est d’ailleurs pourquoi nous n’avons pas hésité à compenser l’impossibilité d’agir d’autres acteurs lorsque cela s’avérait nécessaire pour la Martinique.

 

Cette volonté assumée d’intervenir fortement dans l’économie martiniquaise s’est traduite par un recours accru à l’emprunt bancaire pour que l’essentiel des ressources de fonctionnement soient consacrées au financement de l’augmentation régulière de ses dépenses dites de fonctionnement.

 

Je tiens à rappeler, pour éviter toute ambiguïté, que les dépenses de fonctionnement d’un Département ne sont pas constituées uniquement des frais de personnel, des indemnités des conseillers généraux et des frais d’entretien des bâtiments administratifs. Près de 64 % du budget de fonctionnement de notre collectivité, soit 328 M€, sont consacrés aux prestations d’aide sociale, allocations de RMI comprises.

 

La charge de la dette, qui a fortement augmenté avec la mobilisation des emprunts contractés pour financer nos investissements, représente quant à elle près de 15 M€.

 

Certaines dotations versées aux collèges, la participation départementale aux frais de fonctionnement du SDIS, les subventions aux secteurs éducatif, culturel, sportif, touristique, certaines subventions attribuées aux communes…, sont également imputées à la section de fonctionnement du budget départemental.

 

Mais il faut aussi ajouter à cette liste les effets induits des investissements réalisés par la collectivité. En effet, après avoir construit et équipé un collège ou un centre médico-social, il faut, bien entendu, les faire fonctionner avec le personnel nécessaire et les entretenir pendant toute leur durée de vie.

 

Ainsi, plus le patrimoine départemental se développe et plus les frais de fonctionnement à la charge de la collectivité progressent. Mais, en tout état de cause, les frais de fonctionnement des bâtiments et services départementaux augmentent régulièrement chaque année sous l’effet de l’augmentation naturelle des prix (inflation) et des rémunérations diverses.

Dans la période récente, le Département a utilisé toutes les ressources dont il disposait pour répondre à la demande économique et sociale de la population martiniquaise. Mais les difficultés financières qu’il rencontre aujourd’hui le contraignent à affiner ses choix dans le but de sauvegarder ses possibilités d’intervention dans l’avenir.

 

C’est pour cela que je propose à l’assemblée de retenir comme premier axe budgétaire prioritaire pour l’exercice 2009 la sauvegarde de nos marges de manœuvre financières tout en maintenant la qualité du service rendu à la population.

 

Le rétablissement des marges de manœuvre de la collectivité ne doit pas, dans le contexte économique et financier actuel, constituer un simple réflexe mais procéder d’une démarche volontaire et réfléchie.

 

Cette réflexion, à laquelle se livrent aujourd’hui quasiment toutes les collectivités départementales, doit nous mener à adopter les solutions les plus adaptées à notre situation.

 

Il m’apparaît nécessaire de jouer sur tous les leviers dont nous disposons plutôt que de mettre l’accent sur un seul type de solutions.

 

Pour contrer l’effet de ciseaux provoqué par la progression des dépenses au moment où les recettes diminuent, il faudra donc chercher aussi bien à augmenter les ressources de la collectivité qu’à réduire ses charges.

 

Quasiment tous les départements réfléchissent aujourd’hui à une augmentation de leurs taux d’imposition. Certains d’entre eux, comme le Département des Hautes-Alpes, envisagent même une progression de plus de 30%.

 

Cette solution qui présente l’avantage de générer rapidement un produit fiscal important, (le Département de la Martinique pourrait disposer d’un surplus fiscal d’environ 31 M€ s’il prenait une orientation identique à celle du département des Hautes-Alpes), présente l’inconvénient d’accroître fortement la pression fiscale pesant sur le contribuable. C’est pourquoi il ne peut être question pour nous de privilégier le recours à une telle solution. Il faudra bien néanmoins envisager une augmentation des taux (seulement la 4ème en 16 ans). Et pour que cela demeure modéré et supportable pour le contribuable, une telle mesure devra être accompagnée d’autres mesures pour éviter des taux insupportables.

 

Le niveau optimal des taux des contributions directes dépendra donc des efforts consentis par ailleurs sur les autres variables : en matière de diminution de dépenses mais aussi d’augmentation des autres recettes.

 

Le Département peut en effet agir sur plusieurs types de recettes.

 

La fiscalité pesant sur les tabacs par exemple, pourrait rapporter un produit estimé à 30 M€, si le Département augmentait au maximum, comme l’a fait le Département de la Réunion, ses droits de consommation. Cependant, l’existence du marché unifié avec le département de la Guadeloupe, qui fixe librement ses propres taux, peut engendrer un détournement de trafic des cigarettes au profit de la collectivité qui pratiquera la fiscalité la plus favorable. Les deux départements sont donc contraints de s’entendre sur leurs taux pour ne pas être obligés de se livrer à une concurrence fiscale.

 

J’ai engagé des négociations avec le Président du Conseil général de Guadeloupe afin de parvenir à une augmentation coordonnée de nos deux fiscalités sur les tabacs. Ces négociations ont avancé et l’augmentation décidée pourrait générer un produit fiscal supplémentaire d’environ 4 M€.

La cession, au prix du marché, d’une partie de notre patrimoine peut également constituer une recette non négligeable. Le Département dispose, en effet, d’immeubles de rapport dont la vente pourrait se réaliser rapidement. L’étude de la faisabilité d’une cession des propriétés du Département non directement affectées à l’exploitation d’un service public, est actuellement en cours.

 

S’agissant de la maîtrise de nos dépenses, le recentrage du Département sur ses compétences s’impose. Une pause dans notre politique d’investissement doit être observée pour stabiliser l’endettement de notre collectivité.

 

L’encours de la dette départementale représentera au 31 décembre 2008 un total de  386 M€, ce qui génère une annuité de la dette de 39 M€.

 

Cette pause permettra de freiner l’effet cumulatif de l’endettement de la collectivité et de contribuer à la restauration de sa capacité d’autofinancement. En effet, conformément à la réglementation en vigueur, notre collectivité doit dégager un volume de capacité d’autofinancement équivalent à celui de ses obligations de remboursement de la dette.

 

Cependant, cette pause ne conduira pas à l’arrêt total de tous les chantiers en cours. Le Département poursuivra, bien sûr, les travaux qu’il a engagés et continuera d’entretenir ses routes, collèges et bâtiments publics et je peux vous assurer que son plan de travail est tout à fait conséquent.

 

Le montant et le nombre des autorisations de programmes actuellement en cours pourraient, à eux seuls, garantir un niveau d’activité substantiel pendant plusieurs années. C’est pourquoi il conviendra prioritairement de poursuivre les programmes engagés. Je rappelle que des autorisations d’engagement de travaux pluriannuels ont été ouvertes pour construire des casernes de pompiers, pour construire un port de pêche à Grand Rivière,  pour permettre la création d’un établissement public foncier, pour la mise en place d’un plan pour le logement social, pour réhabiliter les collèges…

 

Il ne me paraît donc pas nécessaire aujourd’hui d’ouvrir de nouvelles autorisations de programme pour 2009.

 

Une réflexion sur d’autres modalités de financement des investissements est actuellement engagée. Si les contrats de « Partenariat Public Privé » (PPP), par exemple, s’avèrent être une formule adaptée à nos besoins, la collectivité pourrait y avoir recours pour la réalisation de nouveaux équipements tels que le MUCAPA, le collège du Morne Rouge ou encore les casernements de pompiers.

 

La maîtrise des dépenses doit aussi concerner la section de fonctionnement.

 

Le choix du mode de gestion de certaines activités a des conséquences sur leur coût. La gestion directe par une collectivité d’un service, même public, peut se révéler plus coûteuse qu’une concession du service à un tiers ou une externalisation de ses missions. Une réflexion sur les modes de gestion les mieux adaptés à nos contraintes est en cours.

 

Des efforts importants seront consentis sur les frais de fonctionnement courant de la collectivité. Mais c’est l’évolution des dépenses d’aide sociale qui, en raison de leur masse (plus de 60% des dépenses de fonctionnement), fragilise particulièrement les équilibres financiers de notre collectivité.

 

En effet, plusieurs facteurs se conjuguent pour contrarier le financement des dépenses sociales : le niveau de développement des DOM dans lesquels le nombre de bénéficiaires d’aide sociale est plus élevé que dans les autres départements de l’hexagone ; la situation socio-économique dégradée qui accroît le nombre des prestataires, l’insuffisante compensation par l’Etat des charges transférées au Département, l’absence de maîtrise par le Département de certaines prestations qu’il est chargé de verser et dont la nature comme le montant sont imposés unilatéralement par l’Etat…

 

Le recentrage de la collectivité sur ses compétences en matière d’aide sociale doit s’accompagner d’une recherche de leur maîtrise. Le renforcement des contrôles est réclamé de tous nos partenaires. Par ailleurs, l’encadrement de nos participations aux projets des tiers doit être systématisé.

 

Plus que jamais, il faudra mieux dépenser pour moins dépenser.

 

Aussi généreux que l’on puisse être, il n’est pas acceptable que l’aide sociale destinée aux plus démunis soit détournée, parfois, de sa finalité. Des instructions seront donc données à nouveau pour renforcer les contrôles à tous les niveaux en ce qui concerne le traitement des dossiers d’aide sociale. Il est indispensable, par exemple, que nous parvenions à éradiquer les excès tant décriés en matière de perception du RMI.

 

S’agissant des charges d’APA et de PCH, j’insisterai encore un peu plus qu’auparavant pour que les heures attribuées pour l’aide ménagère soient bien calculées, afin qu’elles correspondent effectivement aux besoins. Je suis certain que, ce faisant, des économies importantes pourront être réalisées.

 

Je souhaite que soit mieux mis à profit, et, qu’à terme, soit généralisé le dispositif du Chèque Emploi Service. Ce sera, à coup sûr, un moyen de satisfaire les besoins sociaux à moindre coût et surtout un moyen de limiter les risques de versements indus.

 

Sur un autre plan, des mesures plus traditionnelles de restriction des charges de fonctionnement seront renforcées. Qu’il s’agisse de la diminution du parc automobile, des économies d’énergie ou de consommables bureautiques, de l’optimisation des moyens humains, aucun secteur ne sera négligé afin de parvenir à une baisse sensible de nos dépenses courantes de fonctionnement.

 

Les aides aux tiers ne seront attribuées que pour autant qu’elles correspondent à des compétences du département et pour autant qu’elles cadrent avec les objectifs poursuivis par notre collectivité. En tout état de cause, le montant de ces aides va diminuer sensiblement en 2009.

 

D’autres formes d’aides seront initiées comme, par exemple, l’aide à l’ingénierie territoriale. De même, notre collectivité va centrer ses efforts sur la poursuite de l’action engagée dans le domaine de l’économie sociale et solidaire.

 

Ceci étant, il est un domaine qui va malgré tout continuer à polariser l’attention de la collectivité : celui du logement social. L’autorisation de programme qui a été ouverte en 2008 sera maintenue au budget 2009. Mais, si notre collectivité est déterminée à poursuivre ses efforts dans le domaine du logement social, si nous avons la volonté de franchir une étape vers la création effective de l’établissement public foncier, il s’avère nécessaire de mieux coordonner et, en définitive, de mettre bon ordre dans les politiques engagées dans le domaine du logement social. A cet égard, le pôle logement –insertion créé au sein des services départementaux devra étendre son action en 2009.

 

A l’instar du logement social, d’autres secteurs doivent être impérativement préservés car ils participent à la démarche d’amélioration ou d’optimisation du service rendu à la population.

 

C’est la raison pour laquelle j’ai estimé qu’un deuxième axe prioritaire devait être pris en compte en 2009 car il concerne un point essentiel : la sécurité des personnes.

 

Sur un territoire comme le nôtre, dont je ne vous rappellerai pas la singularité, la poursuite de notre politique de prévention des risques me paraît être une nécessité impérieuse. Elle contribuera à renforcer la sécurité de la population et à développer une véritable culture du risque chez les Martiniquais.

 

Le Département poursuivra donc activement ses actions pour limiter la vulnérabilité des personnes et des biens aux risques naturels ou sanitaires.

 

Ses campagnes d’information et de formation aux premiers secours viseront plus particulièrement les populations les plus fragiles (les  personnes âgées, les personnes handicapées, la population scolaire ou encore les jeunes placés dans les établissements d’accueil…).

 

Le renforcement de la sécurité des bâtiments et réseaux départementaux utilisés par les administrés se poursuivra en dépit des dégradations occasionnées les catastrophes naturelles successives qui se sont abattues sur notre territoire.

 

La collaboration de notre institution aux activités d’organismes chargés de la surveillance des phénomènes naturels tels que Météo France ou l’Observatoire du Morne des Cadets, se poursuivra, bien entendu, en 2009.

           

Enfin, l’intervention de la collectivité dans le secteur sanitaire continuera de revêtir des formes multiples.

 

Le Département qui traite, notamment grâce à son usine de Vivé, une partie de l’eau potable offerte aux usagers, renforcera les mesures de protection des ouvrages d’arrivée d’eau et de captage de l’eau.

 

Les actions de démoustication seront poursuivies tandis que le champ d’activité du Laboratoire départemental sera élargi aux analyses des pesticides contenus dans l’eau et dans les sols.

 

Le choix des axes prioritaires de l’activité départementale pour 2009 est, vous le voyez, dicté par le contexte de crise financière, économique et sociale.

 

Il est également motivé par la nécessité de prendre en compte l’augmentation de risques naturels et sanitaires à l’échelle mondiale et régionale et de poursuivre les politiques volontaristes impulsées par le Conseil général en la matière en vue de développer durablement chez les Martiniquais une véritable culture du risque.

 

Malgré les perspectives sombres, nous ne devons pas nous laisser gagner par le pessimisme. La tâche de notre collectivité sera certes rude, mais la crise ne doit pas nous paralyser. Nous devons, au contraire, réagir résolument et avec clairvoyance.

 

Face aux périls budgétaires et financiers qui s’annoncent, il importe de regarder les réalités en face pour être en mesure d’agir avec efficacité, en particulier dans l’intérêt des plus démunis et au nom de l’exigence de justice sociale.

 

Je demeure convaincu que nous saurons nous rassembler autour de ces orientations budgétaires afin d’être en mesure de résister et de sauvegarder l’essentiel et pour, demain, repartir de l’avant.

 

 

 

 

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