Politique sociale en faveur des personnes âgées

Visite au Lamentin de la maison de retraite Henri BOURGEOIS,
Etablissement d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes,

Le 7 septembre 2008 en compagnie de Xavier BERTRAND ,
ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité.


Xavier BERTRAND / J PEDRON directeur de l'EHPAD / Claude LISE / Pierre SAMOT maire du Lamentin


La Résidence Henry Bourgeois dispose de 83 appartements dont 3 réservés à l'hébergement temporaire.
Elle accueille les aînés âgés de 60 ans et plus, bénéficiaires ou non de l'aide sociale.
Elle procure à ses 80 pensionnaires des conditions d'hébergement et de restauration agréables, le suivi de soins nécessaires à leur état de santé et des activités sociales, sportives et culturelles.



Allocution prononcé par Claude LISE le dimanche 7 septembre 2008, à la Maison de retraite du Lamentin
enregistrement réalisé sur dictaphone et transcrit  par J.J. ALPHA

Monsieur le Ministre,
Monsieur le Maire,
Mesdames, messieurs les élus,
Madame la présidente du Conseil d’administration de l’Office des missions d’action sociale et de la santé
Monsieur le directeur de la Maison de retraite Henry Bourgeois
Mesdames et Messieurs,


J’ai tenu à être présent ici ce matin malgré, je dois le dire, quelques difficultés que j’ai eu pour m’organiser parce que j’ai eu connaissance un peu tard, monsieur le Ministre , de votre visite, mais je suis très heureux en tous cas d’être là..

J’ai tenu à être présent d’abord pour vous saluer et vous souhaiter la bienvenue bien sur, au nom de tous les collègues du Conseil général.
J’ai tenu à être présent aussi, parce que le Conseil général de la Martinique est, vous le savez, particulièrement concerné par le sujet que vous avez souhaité aborder ce matin.

L’assemblée départementale que je préside s’est en effet engagée depuis une quinzaine d’année dans une politique très forte, une politique que je pourrais qualifier de volontariste en faveur des personnes du troisième âge.

Une politique qui va bien au delà de ses obligations légales et qui l’amène à consentir des efforts considérables dans un domaine où les besoins tant quantitatifs que qualitatifs ne cessent de croîtrent.

Vous savez en effet, monsieur le Ministre, que la Martinique est confrontée depuis une trentaine d’année à un phénomène de vieillissement de sa population.

Elle est loin l’époque où on parlait de démographie galopante. Nous comptons déjà plus de 17% de personnes de 60 ans et plus et les démographes prévoient que d’ici à 2030, si les choses continuent en l’état, nous figurerons parmi les départements les plus vieux de France. Dans le cadre de sa politique en faveur des seniors, le Conseil général a,  depuis longtemps, fait du maintien à domicile, une de ses priorités, parce que c’est un besoin des personnes âgées, parce que même sur le plan économique, on le sait, cela demande des efforts particuliers. C’est à la fois une manière de répondre à des besoins mais aussi de rentabiliser l’action que nous menons.

C’est ce qui nous a amené, dès 1990, par exemple, à mettre en place un service de Téléassistance auquel sont reliées actuellement plus de 4600 personnes, un service financé à plus de 85 % sur le budget départemental.

Ce service aussi, à l’époque où j’ai proposé de le mettre en place, a servi aussi de baromètre sur notre situation. On parlait des familles qui avaient des difficultés à prendre en charge les personnes âgées, je me rappelle de cette époque, il y  avait même des sceptiques sur l’utilité de la création du service de Téléassistance, et puis on sait rendu compte que cela a révélé l’énorme proportion de personnes en situation de solitude pour toutes sortes de raisons parmi lesquelles l’expatriation de nombreux compatriotes avec l’opération BUMIDOM dont vous avez entendu parlé certainement, qui a rendu certainement des services mais qui a contribué à casser les familles.

Cela a servi aussi au Conseil général à promouvoir le portage des repas à domicile, à mettre en place le dispositif de familles d’accueil agréées qui hébergent actuellement environ 136 personnes. Nous pouvons aller plus loin mais c’est un système, vous le savez, difficile à contrôler donc  je préfère avancer de manière très progressive.
Evidemment, tout cela ne nous permet pas d’éviter le placement en établissement d’un nombre de plus en plus important de nos aînés. Et là les besoins actuels et surtout à venir sont très importants.

L’EPHAD que vous venez de visiter, monsieur le Ministre, est l’un de nos établissements dont, je crois,  nous pouvons être particulièrement fiers, il a été très bien conçu, il est bien entretenu, vous vous en êtes rendu compte. Il s’est engagé dès son ouverture, en 1983, dans une concertation fructueuse avec le Conseil général, concertation qui a abouti le 23 décembre 2002 à la signature d’une convention pluriannuelle tripartite, qui est une des première signées en France d’ailleurs.

Depuis nous avons signé avec tous les EPHAD. Cette signature a été assortie bien sur d’une accentuation de l’effort budgétaire du Conseil général lequel se monte actuellement de quelques 3 millions d’euros en faveur de cet établissement, 2,4 millions en faveur de l’hébergement et environ 400 000 euros au titre de la dépendance.

La qualité du service rendu s’en est trouvée nettement améliorée, vous avez pu le constater ; les 80 pensionnaires que nous avons ici, bénéficient en dehors des prestations classiques, je dirai, d’une politique vraiment dynamique, notamment d’animation menée avec le souci de faire vivre ensemble des générations différentes.

Par ailleurs, plusieurs places d’hébergement de jour ont été créées pour répondre à un besoin souvent manifesté par les aidants à domicile et je pense que cela aussi est un élément à mettre à l’actif de ceux qui dirigent cet établissement.

D’autres EPHAD parmi les 22 que compte la Martinique, offrent également des services de qualité. Le Conseil général a, ces dernières années, participé à la réhabilitation de plusieurs d’entre eux , tel l’ EPHAD de RIVIERE SALEE où la rénovation est terminée ou celui du ROBERT dont la réouverture est prévue pour la fin de l’année.

Mais il existe aussi, je vous l’ai dit tout à l’heure des structures en grande difficulté, c’est le cas de la Maison de retraite des ANSES D’ARLET pour laquelle se pose un problème de foncier en vue d’une reconstruction surtout après le cyclone DEAN. C’est surtout le cas du centre Emma VENTURA qui héberge 367 personnes âgées dans des locaux qui ont beaucoup vieilli et où l’on voit encore des chambres de 4 lits. Sa réalisation dont le plan de financement est en cours d’élaboration, va demander un effort financier extrêmement important qui sera certainement de l’ordre d’une soixantaine de millions d’euros.

Il faut enfin prévoir la construction de nouvelles structures en fonction des besoins qui ont déjà été recensés par le Plan gérontologique départemental précédent et qui vont être précisés par l’actuel 3ème Schéma gérontologique  départemental 2008-2013.

Vous aurez compris monsieur le Ministre que la situation que nous connaissons en matière de structures d’hébergement des personnes âgées, nécessite à l’évidence un concours financier particulier, j’ai envi de dire un concours financier exceptionnel de l’Etat. Mais plus généralement c’est l’ensemble de la politique qui est menée en Martinique en faveur des personnes âgées qui mérite d’être mieux soutenu par l’Etat.

Je vous ai dit l’importance de l’engagement du Conseil général de la Martinique ; c’est le premier poste de son budget d’action sociale, plus de 70 millions d’euros, contrairement à ce qui se passe en métropole, la plupart de mes collègues ont comme premier poste l’ASE, et bien nous ce sont les personnes âgées, ce qui nous met d’ailleurs en tête des départements pour la dépense par habitant en faveur des seniors.

Mais à l’heure actuelle le département souffre beaucoup plus que les départements de l’hexagone, même parmi les plus pauvres, d’une insuffisance des recettes affectées à la couverture des dépenses sociales, et je précise, y compris, à la couverture des dépenses sociales obligatoires, et notamment, je vous l’ai dit tout à l’heure en aparté, en ce qui concerne l’APA. Nous sommes en effet désavantagés par les modes de calcul retenus en la matière pour les dotations de l’Etat. Celles-ci ne prennent notamment pas en compte, la situation de la majorité de nos personnes âgées.

37 % des Martiniquais de 60 ans et plus, perçoivent le minimum vieillesse contre 10 % dans l’hexagone, et 95 % des 1200 personnes actuellement hébergées en EPHAD, bénéficient d’une prise en charge de l’aide sociale alors que on en compte que 36 % dans l’hexagone. Voyez une différence qui est considérable.

Dans ces conditions vous reconnaîtrez, monsieur le Ministre, que nous sommes en droit de réclamer de l’Etat une juste prise en compte de notre situation et je pense que nous sommes d’autant plus à l’aise pour faire cette demande que nous consentons à un effort qui est évident. Moi, je n’aime pas trop demander de l’aide quand il n’y a pas un effort local conséquent. Mais là c’est le cas et nous avons déjà à de multiples reprises réclamé ce soutien que j’évoque et j’ai d’ailleurs adressé un courrier au Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer à ce sujet.

Je souhaite donc, monsieur le Ministre, que votre visite soit l’occasion d’une réelle prise de conscience, celle de la nécessité d’une politique plus adaptée à la spécificité de nos besoins. Encore une fois, je ne dis pas simplement la nécessité de nous apporter des aides, mais la nécessité d’une politique tenant compte, et j’ai remarqué que vous étiez sensible à cet élément là au cours de la visite, tenant compte des réalités locales absolument incontournables.

Nous sommes évidemment prêts à vous fournir tous les éléments du dossier que nous avons déjà fait remonter à de multiples reprises, mais qui peuvent vous aider, et vos services, à faire les analyses indispensables en la matière.

C’est sur ce souhait, monsieur le Ministre, de pouvoir compter sur vous, et je le dis vraiment avec force que je veux terminer mon propos, sans oublier bien sur, de féliciter toute l’équipe de l’EPHAD Henry Bourgeois pour le travail vraiment remarquable qui est accompli ici au service des personnes du troisième âge, sans oublier également de remercier monsieur le Maire du Lamentin et ma collègue Josette MANIN pour la qualité de leur collaboration avec la collectivité départementale depuis déjà de nombreuses années.

Je vous remercie

Claude LISE / LARCHER direct EPHAD /  joseph PEDRON, direct. des Affaires sociales du C.Général / P.EDMOND MARIETTE 1ER Adj au Maire du Lamentin / Xavier BERTRAND Ministre

 

Claude LISE. et Mme Marie Luce PENCHAR Conseillère UMP pour l’Outre-mer





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